La BCE confirme l'imminence du prochain resserrement monétaire

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Sans surprise, la Banque centrale européenne a décidé de maintenir le statu quo monétaire aujourd'hui, après un premier tour de vis d'un quart de point à 2,25% en décembre. Les mises en garde de Jean-Claude Trichet sur l'inflation confirment la perspective d'un nouveau resserrement imminent. La question de savoir s'il se fera en février ou en mars reste en suspens.

Comme prévu par l'ensemble des économistes du consensus recueilli par l'AFP et sa filiale financière AFX, la Banque centrale européenne (BCE) a laissé aujourd'hui son principal taux d'intérêt directeur inchangé à 2,25% à l'issue de sa réunion mensuelle de politique monétaire. Les deux taux plancher et plafond qui l'encadrent, le taux de facilité de dépôt et celui de prêt marginal, restent eux aussi respectivement à 1,25% et 3,25%

Après deux ans et demi de statu quo monétaire, la BCE avait légèrement relevé ses taux d'un quart de point en décembre dernier afin de prévenir les risques de dérapage des prix alimentés ces derniers mois par la flambée des prix du pétrole. Le président Jean-Claude Trichet avait alors répété à plusieurs reprises qu'il ne préparait pas "automatiquement" une série de hausses de taux, contrairement à ce qu'a fait la Réserve fédérale américaine, en relevant treize fois consécutives ses taux d'un quart de point.

Soucieuse de transparence, comme à son habitude, la BCE a confirmé ses intentions de poursuite du resserrement monétaire lors de la traditionnelle conférence de presse en début d'après-midi. Le scénario d'un deuxième relèvement des taux au mois de mars, voire dès février, semble désormais acquis. "L'inflation va rester à un niveau élevé à moyen terme", a en effet prévenu le président de la BCE, affirmant que la croissance de la zone euro restait soutenue au dernier trimestre 2005, comme au premier trimestre 2006.

De fait, les exportations et la demande domestique, soutenue par le redressement de la confiance des consommateurs, devraient selon lui davantage tirer la croissance cette année. Autre signe laissant présager une hausse imminente des taux, Jean-Claude Trichet a indiqué que la politique monétaire était "toujours accommodante". De là à tirer des conclusions sur le calendrier exact de la prochaine hausse des taux, entre février et mars, il y a apparemment une frontière que les économistes ne se risquent pas à franchir. Car s'il semble optimiste sur l'économie et surveille désormais "très attentivement" l'inflation au lieu de "attentivement" avant, Jean-Claude Trichet n'a pas réintroduit dans son discours le terme de "vigilance", habituellement employé pour préparer le terrain. Mais certains y voient une façon d'éviter que les marchés ne se focalisent ainsi sur un seul terme.

Signe de la difficulté à traduire le discours de Jean-Claude Trichet par une indication claire sur la date du prochain resserrement monétaire, les marchés des changes restent très calmes cet après midi. Le billet vert n'a que très légèrement progressé face à la monnaie unique. L'euro reculait vers 16 heures à 1,2037 dollar contre 1,2122 dollar la veille au soir.


Le statu quo de mise outre-Manche aussi
Comme prévu, la Banque d'Angleterre (BoE) a maintenu son taux d'intérêt directeur à 4,50% aujourd'hui à l'issue de la réunion de son comité de politique monétaire. Il s'agit du cinquième mois consécutif de statu quo monétaire. La dernière modification remonte au mois d'août, quand la BoE avait ramené son taux de 4,75% à 4,50%. Comme à son habitude lorsqu'elle opte pour le statu quo, la BoE n'a pas accompagné cette décision d'explications. La teneur du débat sera révélée par la publication des minutes de la réunion le 25 janvier.

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