Nouveaux records des cours du pétrole

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Les craintes d'escalade militaire entre les Etats-Unis et l'Iran ont poussé ce matin les barils de brent et de brut à de nouveaux plus hauts. Une tendance qui devrait s'accentuer à l'approche de la période estivale.

Nouveau record ce matin à la Bourse de Londres, où le baril de brent a atteint 72,20 dollars avant de reculer à 71,80 dollars dans l'après midi. Sur le marché éléctronique new-yorkais, le baril de brut a atteint 70,88 dollars ce matin, portant la hausse de 17% sur le dernier mois. Un nouveau record également après les 70,85 dollars atteint le 30 août dernier suite au passage de l'ouragan Katrina dans le sud-est des Etats-Unis.

A l'origine de cette escalade figure toujours au premier chef la crainte de voir s'envenimer le problème du nucléaire iranien. L'Iran a annoncé avoir réussi le 9 avril à enrichir de l'uranium à 3,5%, rejetant la demande du Conseil de suspendre ses activités d'enrichissement d'uranium d'ici le 28 avril.

Une intervention militaire en Iran, quatrième producteur mondial, mettrait évidemment en péril ses ressources pétrolières, ce qui pèse sur les cours. Alors que jusqu'à présent ce sont les Etats-Unis qui laissaient planer le doute sur une attaque éventuelle, c'est le ministre de la sécurité intérieure israëlienne qui a indiqué hier que son pays pourrait intervenir militairement pour empêcher l'Iran de développer l'arme nucléaire.

Ce soir se réunissent à Moscou les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'Onu et l'Allemagne pour discuter du nucléaire iranien. Les directeurs politiques ou vice-ministres des Affaires étrangères des Etats-Unis, de la Chine, la Grande-Bretagne, la Russie et la France se rencontreront au ministère russe des Affaires étrangères. A cette situation s'ajoutent les problèmes d'approvisionnement au Nigeria.

"Peu de chance pour que la situation se calme prochainement au Moyen Orient", indique Dominic Bryant, chez BNP Paribas. Un attentat suicide revendiqué hier par le Jihad islamique qui a fait neuf morts à Tel Aviv a contribué à exacerber les inquiétudes. Tout porte à croire que les tensions sur les marchés pétroliers devraient perdurer. D'autant que le deuxième trimestre s'avère la saison traditionnellement la moins tendue sur le marché pétrolier: les cours devraient continuer de grimper cet été avec les ouragans et les demandes d'essence liées aux départs en vacances aux Etats-Unis.

Selon le rapport mensuel de l'OPEP publié aujourd'hui, la demande mondiale de brut pour 2006 devrait croître de 1,7 % à en moyenne 84,5 millions de barils par jour.
"Le maintien de prix élevés de l'énergie peut poser un risque pour la croissance, surtout dans des économies où les budgets de consommation sont soumis à la pression de hausse des taux d'intérêt", selon l'OPEP, qui produit 40% de l'or noir mondial.

Interrogé ce matin sur France Inter, le ministre français des Finances Thierry Breton s'est dit "très attentif" à l'évolution des cours du pétrole et répété qu'il "n'exclut pas" de réunir à nouveau les patrons des grands groupes pétroliers. "Je me suis fait mandater avec mon homologue britannique Gordon Brown pour que nous ayons une mission auprès des pays producteurs pour qu'on fasse un tampon pour limiter les effets spéculatifs", a-t-il indiqué.

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