Le ralentissement à venir de l'économie mondiale n'inquiète pas le cabinet Xerfi

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Le bureau d'analyse économique de Xerfi constate qu'après des années de croissance, l'économie mondiale purge ses excès, comme l'envolée immobilière américaine, la déflation au Japon et les excès budgétaires européens.

Certains des déséquilibres de la conjoncture mondiale de ces dernières années devraient s'estomper dans les prochaines années. Alors que le Japon sort enfin d'une décennie de déflation, grâce à l'injection massive de liquidités, les Etats-Unis, en relevant les taux d'intérêt, ont amorcé le dégonflement de la bulle immobilière. Enfin, certains pays européens, comme l'Allemagne et l'Italie, s'attèlent à réduire leurs déficits publics. "L'augmentation de trois points de la TVA en Allemagne l'an prochain est un projet courageux, puisqu'il pèsera à court terme sur la croissance afin de poser des bases solides pour l'avenir", estime Nicolas Bouzou, qui présentait ce matin le volet macro-économique de conférence de presse tenue par Xerfi.

La perspective du ralentissement économique se ressent déjà sur les prix du pétrole. "Les prix n'ont pas reculé sous l'effet d'une baisse de la demande, mais ce sont les anticipations de reflux lié au ralentissement économique qui ont conduit certains investisseurs à se désengager", indique Nicolas Bouzou.

Le ralentissement de l'économie américaine lié au recul du marché immobilier devrait avoir un impact sur l'économie chinoise, très dépendante des Etats-Unis, et par ricochet sur l'économie de la région et du Japon. "L'envolée économique des pays émergent a conduit à une épargne massive de leur part (pour leur retraite essentiellement), investit aux Etats-Unis. Cet afflux d'épargne n'a pas incité le Trésor américain à mieux la rémunérer, ce qui a conduit à maintenir les taux longs bas, aujourd'hui inférieurs aux taux courts", précise l'économiste.

De même, la France a mangé son pain blanc et devrait afficher une croissance de 1,9% l'an prochain contre 2,1% cette année. Economiste chez Xerfi, Alexander Law a tenu à préciser les atouts de la France, souvent dénigrés. "Certes, alors que la balance commerciale était excédentaire en 2003, le déficit du commerce extérieur français coûte aujourd'hui un point de PIB à la croissance annuelle. Mais depuis trois ans les exportations ont connu une très forte croissance, de 9% sur les neufs premiers mois de cette année", note l'économiste. Et de toutes façons, l'Hexagone ne pourrait jouer son va-tout sur l'industrie, comme l'Allemagne, qui a dû sacrifier la consommation. "Car les dépenses des ménages comptent pour 75% à 100% de la croissance française", souligne Alexander Law.

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