La Corée du Nord défie la communauté internationale avec un essai nucléaire

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Le régime de Kim Jong-il a procédé la nuit dernière à un essai nucléaire souterrain, faisant fi des mises en garde que lui avait adressées l'ensemble des grands pays. Les condamnations pleuvent, dont notamment celle de la Chine, dernier soutien de la Corée du Nord.

La Corée du Nord a mis ses menaces à exécution la nuit dernière, en procédant à un essai nucléaire. Le pays a annoncé ce matin avoir procédé à un essai souterrain, qualifié de grand succès. Pour la Corée du Nord, qui avait fait part de son intention de procéder à une telle expérience, il s'agit là d'un "événement historique".

Avec cette initiative, le régime de Pyongyang lance un défi à la communauté internationale toute entière. Ces derniers jours, les mises en garde contre un tel geste avaient en effet afflué de toutes parts. En conséquence, les réactions critiques déferlent ce matin, avec des condamnations émanant de toutes les parties en cause, y compris, de façon significative, de Pékin, qui est quasiment le dernier soutien de la Corée du Nord.

Les autorités chinoises ont ainsi publié un communiqué au ton très ferme, dans lequel elles affirment que "la Corée du Nord a ignoré les inquiétudes de la communauté internationale et a procédé de manière éhontée à un essai nucléaire. Le gouvernement chinois exprime à cette occasion sa ferme opposition". Signé par le ministère des Affaires étrangères, le texte précise que "la Chine demande expressément à la Corée du Nord de tenir ses engagements d'une péninsule coréenne dénucléarisée, de cesser toute action qui pourrait mener à une détérioration de la situation, et de reprendre le chemin des pourparlers à six". Les discussions menées depuis longtemps avec six pays autour de la table - Corée du Nord, Corée du Sud, Chine, Japon, Russie, Etats-Unis - se sont enlisées. Les dernières conversations dans ce cadre remontent à environ un an.

Si le ton chinois est ferme ce matin, celui des Etats-Unis est nettement plus brutal. Pour la Maison-Blanche, l'essai nucléaire de Pyongyang est une "provocation", qui demande en retour une "action immédiate" de la part du Conseil de Sécurité de l'Onu. Et pour le président Bush, il faut que le Conseil de sécurité de l'ONU apporte une "réponse immédiate" au geste nord-coréen. Le Conseil de sécurité a d'ailleurs tenu aujourd'hui une réunion d'urgence consacrée à la crise, durant laquelle il a condamné fermement l'essai nucléaire nord-coréen.

Aux premières loges, la Corée du Sud a été la première à évoquer ce matin des sanctions concrètes pour la régime de Kim Jong-il. D'ores et déjà, Séoul a annoncé la suppression de toute aide humanitaire. Ce sont les aides venues des pays voisins qui maintiennent à bout de bras l'économie nord-coréenne et évite son effondrement total. Selon la Corée du Sud, "notre gouvernement va réagir de manière sévère" et "ne tolèrera pas une Corée du Nord qui possède l'arme atomique".

Mobilisation également au Japon, dont le nouveau Premier ministre Shinzo Abe se trouve précisément à Séoul aujourd'hui. Selon lui, cette initiative de la Corée du Nord est "impardonnable". Les autorités de Tokyo ont constitué une cellule de crise.

En Russie, les autorités ont appelé la Corée du Nord à revenir "sans tarder" au Traité de non prolifération nucléaire (TNP) et ont demandé aux pays concernés de "faire preuve de retenue" dans la crise. L'Union européenne, enfin, a jugé "inacceptable" l'initiative nord-coréenne, selon un communiqué de la présidence finlandaise.

Sur les marchés financiers, l'annonce de cet essai nucléaire a été diversement accueillie. La Bourse de Séoul, première concernée, a chuté de 2,41%, tandis que celle de Tokyo n'a pas réagi, la journée étant fériée au Japon. En Chine, la Bourse de Hong Kong a reculé de 1,23%. Mais à l'inverse, celle de Shangai a ignoré l'événement, terminant sur une progression de 1,88%, au plus haut depuis 60 mois.

Du côté des marchés pétroliers, la nouvelle a renchéri le prix du baril, déjà ragaillardi par l'annonce de l'OPEP de réduire ses quotas de production. En réalité, les marchés craignent la répercussion de cette action sur l'Iran, susceptible de prendre exemple sur la Corée du Nord (lire interview ci-dessous). Du coup, sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude" pour livraison en novembre gagnait 79 cents à 60,55 dollars aujourd'hui dans l'après-midi.

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