La BCE va poursuivre sa politique de resserrement monétaire

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La Banque centrale européenne a sans surprise relevé son taux "refi" d'un quart de point à 3%. Le discours de Jean-Claude Trichet en début d'après-midi augure d'une nouvelle hausse en octobre. De son côté, la Banque d'Angleterre a créé la surprise en procédant également à un tour de vis de son taux directeur, pour le porter à 4,75%.

Il eut été dommage de faire déplacer les dix-huit gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) à Francfort pour rien. Après avoir exceptionnellement remplacé la traditionnelle vidéoconférence du mois d'août par une réunion "live", c'est donc sans surprise que Jean-Claude Trichet a annoncé en ce début d'après-midi le relèvement du taux "refi" de la BCE d'un quart de point à 3%. Après celui de juin, ce quatrième relèvement d'un quart de point en neuf mois marque une accélération des resserrements monétaires, jusqu'ici décidés tous les trois mois.

Ce mouvement était anticipé unanimement par les économistes et les intervenants de marché. Car outre le signe infaillible d'une réunion physique inaccoutumée des gouverneurs en plein coeur de l'été, Jean-Claude Trichet avait déjà appelé le 6 juillet à une "grande vigilance" à l'égard de l'inflation. Une rhétorique systématiquement suivie d'une hausse des taux depuis fin 2005.

Les statistiques publiées ces derniers jours n'ont sans doute fait que conforter les décideurs dans leur opinion de relever les taux. Selon les données publiées mardi par Eurostat, le taux de chômagede la zone euro est tombé, en juin, à 7,8%, le taux le plus bas depuis la création de cet indicateur agrégé, en 1998. Il faut dire que la reprise économique se confirme, avec le raffermissement de la consommation des ménages, dopée ces derniers mois par l'effet Coupe du monde. L'indice mesurant le sentiment économique dans la zone euro a atteint lundi son plus haut niveau depuis mars 2001.

"Et puis on sait que la banque centrale pointe du doigt la surévaluation des prix de l'immobilier dans plusieurs pays de la zone euro (France, Espagne, Irlande, Italie du nord)", ajoute Nicolas Bouzou, économiste chez Asterès. De plus, après avoir atteint 2,5% en juin en rythme annualisé, l'inflation de la zone euro ne marque aucun signe de ralentissement, avec première estimation équivalente en juillet publiée en début de semaine.Cela fait dix-huit mois maintenant que l'inflation se situe au delà de la limite de 2% tolérée par la BCE, et la croissance de la masse monétaire approche son plus haut niveau depuis trois ans. Une évolution que devrait entretenir la flambée incessante du prix du baril, qui a enregistré son record historique de 78,40 dollars le 14 juillet.

"La politique monétaire reste accomodante", a indiqué le président de la BCE lors de la conférence de presse qui a suivi l'annonce de la décision monétaire. Le conseil des gouverneurs va continuer à "surveiller de très près" les risque de dérapage des prix, a-t-il prévenu. Une expression qui augure d'une poursuite de l'accélération du rythme des resserrements monétaires et d'un prochain tour de vis dans deux mois, en octobre. Si la reprise économique se poursuit, il sera "nécessaire de réduire progressivement le caractère accommodant de la politique monétaire", a-t-il également indiqué.

Si les économistes s'accordent sur un nouveau tour de vis de 25 points de base d'ici fin octobre, les avis restent néanmoins très partagés sur les pronostics du "refi" à la fin de l'année. Economiste chez Bank of America, Matthew Sharratt s'attend à une hausse ultime en décembre, avant que la BCE ne fasse une "pause". Ralentissement économique anticipé dans la zone euro et hausse de la TVA en Allemagne obligent.


La Banque d'Angleterre crée la surprise en relevant son taux à 4,75%
La BoE (Bank of England) a donné raison a seulement 8 des 46 économistes du consensus recueilli par l'agence Bloomberg. Pour réfréner l'inflation, la BoJ a décidé aujourd'hui pour la première fois en deux ans de relever de 25 points de base à 4,75% son taux directeur. Il faut dire que la croissance outre-Manche a atteint un niveau record depuis deux ans durant le trimestre écoulé. De plus, l'inflation s'est élevée pour le deuxième mois consécutif à plus de 2% en juin. Un niveau qui a dû peser lourd dans la décision de la BoE.

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