Les pays ex-communistes ne jurent que par la "flat tax"

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La Slovaquie célèbre actuellement un an de fiscalité à taux unique, à 19%. D'autres pays, anciennement communistes, ont aussi sauté le pas. Un rêve pour les libéraux américains, qui n'arrivent pas à imposer pareille idée chez eux.

Les ultra-libéraux américains en rêvent - les nouveaux entrants dans la communauté européenne l'ont fait. Il s'agit, évidemment de la "flat tax", un taux d'imposition unique, pour le balayeur comme pour le millionnaire. La Slovaquie, considérée comme un "benchmark" en la matière, fête actuellement un an de "flat tax" à 19%, sur le revenu comme en ce qui concerne la TVA. Ce pays a été imité dans la foulée par la Roumanie, tandis que l'Estonie, pionnière en la matière, avait sauté le pas dès 1994, suivie par ses voisins lettons et lituaniens. Et évidement, il ne faut pas oublier la Russie, qui a opté pour une "flat tax" en 2001.

L'ironie, pour ses anciens pays communistes, est de taille, puisque c'est Karl Marx, qui, dans son Manifeste, en 1848, avait appelé le premier à un impôt progressif, afin de mieux redistribuer la richesse... La décision n'est pourtant pas totalement idéologique pour ces nouveaux pays devenus ultra-libéraux. Il s'agit surtout de remplir les caisses de l'Etat, avec, pour ce faire, un taux plus attrayant, alors que l'évasion fiscale était devenue un vrai sport national...

Idéologiques ou non, toujours est-il que ces décisions ont de quoi frustrer les néo-libéraux américains. Malgré leurs efforts, ils n'arrivent pas à imposer l'idée d'une "flat tax" au Congrès. Ils ont pourtant bien cherché à parler de la croissance, que ce système serait censé apporter, ou des créations d'emplois. Rien n'y fait. Comme beaucoup d'autres projets de George Bush, le dossier est enterré. Et compte tenu du discrédit dont souffre la droite américaine et son leader actuellement, il est peu probable que le projet revienne un jour à la surface! Bref, les néo-libéraux américains ne peuvent que rêver. Et regarder vers l'Europe de l'Est.

En fait, ces pays sont aux néo-libéraux américains ce qu'était le Chili des années 1970 aux Chicago Boys: un laboratoire à ciel ouvert. Reste la vielle Europe. Le gouvernement espagnol actuel réfléchirait lui aussi à une "flat tax". L'idée avait aussi été dans l'air lors des élections allemandes. De même, le parti d'opposition finlandais avait mis l'idée sur la table. Mais la France, dans tout cela? Dans un pays où la moitié des citoyens ne paient pas d'impôts sur le revenu, l'idée que tout le monde en paie, et en plus, selon un taux unique, est considérée comme un hérésie. Un sacrilège, en quelque sorte...

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