Le coût des destructions au Liban s'élève à deux milliards de dollars

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Le gouvernement libanais évalue à 2 milliards de dollars le coût des destructions occasionnées par les bombardements israéliens. Les bailleurs de fonds des pays arabes et européens se mobilisent pour la reconstruction.

Au terme de 14 jours de bombardements israeliens, le Liban a évalué la facture des destructions à 2 milliards de dollars. "Une cellule de crise a pu établir que le coût des destructions occasionnées par l'agression israélienne depuis le 12 juillet jusqu'à lundi se monte à 2,07 milliards de dollars", a déclaré mercredi à l'AFP Fadl al-Chalak, président du Conseil de Développement et Reconstruction, une cellule gouvernementale libanaise.

Les destructions des infrastructures s'élèvent à 721 millions de dollars, celles des habitations et commerces à 953 millions de dollars, du secteur industriel à 180 millions, des stations d'essence à 10 millions et des installations militaires à 16 millions, auxquelles il faut ajouter 191 millions de dollars de dégâts divers.

Au delà de ce pénible bilan, l'impact total sur une économie fragile et endettée devrait se révéler désastreux. D'une part la guerre intervient en pleine période estivale et condamne le tourisme, crucial à l'économie du Liban, devenu la destination de villégiature privilégiée des Arabes du Golfe. Mais surtout, le blocus maritime et aérien dû aux destructions d'aéroports met en péril les importations, sur lesquelles repose l'essentiel de la consommation.

De son côté, le système bancaire ne semble pas avoir été affecté outre mesure. Pour le gouverneur de la Banque du Liban (BdL) Riad Salamé, interrogé par l'AFP, la "bonne image" du système bancaire libanais auprès de ses clients "a été renforcée par sa capacité à surmonter le choc de l'offensive en continuant à fonctionner sans interruption". Les plus grands établissements de la soixantaine de banques opérant au Liban ont prévenu leurs clients, par le biais d'encarts publiés dans les médias, qu'ils pouvaient se servir auprès des branches éloignées des zones dévastées par les bombardements ou dans leurs succursales dans le monde arabe et en Europe. Enfin, la BdL est intervenue à hauteur de quelque 1,8 milliard de dollars pour soutenir la livre libanaise et palier la fuite de capitaux.

Appelés au secours depuis une semaine par le Premier ministre libanais Fouad Siniora, nombre de pays arabes et occidentaux ont décidé de prendre les devants pour financer les reconstructions au Liban. "Les pays pétroliers du Golfe et les puissances occidentales veulent renforcer Fouad Siniora et les forces politiques libanaises pro-occidentales opposés à la stratégie du Hezbollah", a expliqué à l'AFP le politologue Joseph Bahout, chercheur associé à l'Institut des études politique (IEP) de Paris.

L'Arabie saoudite a annoncé en début de semaine qu'elle avait déposé un milliard de dollars dans les coffres de la Banque du Liban (BdL, banque centrale) pour renforcer ses réserves et soutenir la livre libanaise. Le royaume a également décidé d'octroyer une aide de 500 millions de dollars pour la reconstruction du Liban dévasté par l'offensive israélienne qui a touché en particulier le sud du pays, à majorité chiite. Sur les quelque 800.000 déplacés, l'immense majorité est chiite. "Le message des Occidentaux et de l'Arabie Saoudite est clair", affirme Joseph Bahout. "Il ne peut pas y avoir de reconstruction si le Liban reste otage du tandem syro-iranien par le biais du Hezbollah".


Le baril de pétrole s'enflamme
Du côté des marchés pétrolier, l'inquiétude grandit sur l'entrée éventuelle dans la guerre de la Syrie, l'Iran, voire même l'Arabie saoudite, premier fournisseur mondial de brut. L'escalade des hostilités ne semble en effet pas inenvisageable depuis que l'Arabie saoudite a mis en garde contre le risque de guerre étendue à la région. "Si l'option de la paix échoue à cause de l'arrogance d'Israël, il n'y aura pas d'autre issue que la guerre", a indiqué le royaume wahhabite dans un communiqué en début de semaine. Or la conférence internationale de Rome n'est pas parvenue mercredi à réclamer un cessez-le-feu immédiat dans le conflit du Liban, les Etats-Unis résistant fermement aux pressions de la plupart de leurs partenaires. A cette crainte s'ajoutent les problèmes géopolitiques au Nigeria, en Irak ou en Iran. Du coup, les prix ont encore grimpé aujourd'hui. A New York, le baril de brut a gagné 24 cents à 74,18 dollars ce matin lors des échanges éléctroniques, tandis que le baril de brent prenait 20 cents à 74,20 dollars à Londres.

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