La Commission européenne surveille l'alliance gazière russo-algérienne
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Le monopole d'Etat gazier russe inquiète -à juste titre- l'Europe. La Commission européenne a déclaré ce matin "suivre" le projet de partenariat dans les hydrocarbures entre la société algérienne Sonatrach et le russe Gazprom, premier producteur mondial. "Nous suivons ce qui se passe sur les marchés internationaux", donc cet accord "dans ce cadre-là", a indiqué l'un de ses porte-parole, Stefaan De Rynck. Le dossier "reste à suivre, dans les semaines à venir et à l'automne", a-t-il ajouté.
Après les problèmes d'approvisionnement l'hiver dernier en Europe, liés aux différends entre la Russie et l'Ukraine, l'Europe a toutes les raisons de se montrer vigilante. L'annonce de la Commission européenne fait suite à une lettre que lui a adressé le ministre italien de l'Industrie, Pierluigi Bersani. Ce dernier estime que cet accord accroît la dépendance énergétique européenne à un nombre limité de producteurs de gaz, ce qui devrait faire grimper les prix. Il faut dire que l'Italie se trouve particulièrement concernée par cette alliance, puisque le pays s'approvisionne en gaz à 32% en Russie et à 37% en Algérie.
Gazprom a signé ce week-end à Moscou un mémorandum avec le grand acteur énergétique algérien Sonatrach. Les deux compagnies souhaitent coopérer en vue de la commercialisation de quantités importantes de gaz sur les marchés européens. Le protocole d'accord envisage une vaste coopération dans "l'exploration, l'extraction, le transport d'hydrocarbures, le développement d'infrastructures gazières, le traitement et la vente de gaz" en Russie, en Algérie ou dans des pays tiers, ainsi que de possibles "échanges d'actifs", a expliqué le géant gazier russe.
L'accord pourrait même aboutir sur un partenariat stratégique. Autant de déclarations qui ont de quoi alarmer l'Europe: Gazprom lui fournit environ 150 milliards de mètres cubes de gaz par an et l'Algérie 60 milliards. Un partenariat stratégique avec Sonatrach donnerait ainsi aux Russes le contrôle sur plus d'un tiers du gaz consommé en Europe. La signature de protocoles d'accords concerne aussi Loukoïl, qui envisage de son côté de collaborer avec Sonatrach dans l'exploration et le développement de gisements gaziers et pétroliers.
L'Union européenne, de plus en plus dépendante de l'extérieur sur le plan énergétique, tente depuis des mois de mettre sur pied une véritable politique commune aux 25 en la matière, en particulier sur la stratégie à adopter vis-à-vis de ses principaux partenaires. A l'heure où le pétrole atteint de nouveaux sommets (lire ci-dessous), cette démarche apparaît aussi cruciale qu'urgente.
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