Gare à l'AMT, monsieur Bush !

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Si George W. Bush ne réforme pas sérieusement la fiscalité de son pays, des dizaines de millions d'Américains devront bientôt s'acquitter du coûteux impôt minimum alternatif (AMT). Gênant, pour un tel pourfendeur des impôts-

L'impôt minimum alternatif (AMT) pend au nez de millions d'Américains. Introduit en 1978 pour s'assurer que les ménages à hauts revenus, qui ont accès à de nombreuses niches fiscales, payent un montant d'impôt minimal, "l'alternative minimum tax" pourrait rapidement s'imposer aux classes moyennes. Si rien n'est fait, à compter de 2010, 32 millions de contribuables, dont les revenus annuels sont inférieurs à 100.000 dollars, devront s'acquitter de cet impôt dont les tranches ne sont pas indexées sur l'inflation.

Et ce n'est qu'un début. "Le nombre de contribuables assujettis à l'AMT passerait de 2 millions en 2003 à plus de 40 millions en 2014 si les allégements fiscaux votés en 2003 sont, comme promis, pérennisés", prévient la Société Générale dans une étude. En prononçant son traditionnel discours sur l'état de l'Union, George W. Bush a une fois de plus milité pour la pérennisation des baisses d'impôts qu'il a fait adopter par le Congrès depuis son arrivée à la Maison-Blanche. Mais de l'AMT, il n'a point été question. Et il n'en a pas parlé davantage pendant la présentation du budget 2007.

A croire que le président a la mémoire courte. Voilà un an, l'équipe au pouvoir à Washington se refusait à proposer une réforme de l'AMT dans son budget 2006 car il était question de l'intégrer dans une refonte générale du code fiscal. Or celle-ci n'est plus à l'ordre du jour et en tout cas pas prévue avant au moins 2007...

Pendant qu'une partie de la population américaine craint de payer plus d'impôts, une autre se frotte les mains en ce début d'année. Connus sous le nom de "Pease" et "PEP", des allégements fiscaux votés en 2001 deviendront effectifs en 2006. Ils permettront aux ménages les plus aisés d'économiser 27 milliards de dollars sur cinq ans. Selon la Brookings Institution, 97% de ces allégements profiteront à des ménages dont les revenus sont supérieurs à 200.000 dollars par an.

De son côté, le Center on budget and policy priorities, un autre "think tank" de Washington, note que ces ménages ne représentent que 3% de la population américaine mais récoltent par ailleurs 78% des dividendes et des plus-values financières dont la fiscalité a été allégée par l'actuelle administration.

En fait de "gouvernement limité" et de baisses d'impôts généralisées, c'est donc une fiscalité à deux vitesses que le président Bush laissera en legs à ses concitoyens s'il ne propose pas rapidement au Congrès de procéder à d'ambitieuses réformes fiscales. A commencer par celle de l'AMT.

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