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Cri d'alarme face au réchauffement de la planète

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Publié le 30 octobre 2006 à 18:21 - Mis à jour le 22 octobre 2008 à 17:32

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Le rapport de l'ancien économiste de la Banque Mondiale appelle la Chine, l'Inde et les Etats-Unis à se mobiliser face au réchauffement de la planète. Ce phénomène risque, selon lui, d'entraîner un ralentissement "très grave" de l'économie mondiale.

Alerte au réchauffement climatique. L'ex économiste de la Banque Mondiale, Sir Nicolas Stern, dans le rapport qui porte son nom et a été rendu public aujourd'hui lance un cri d'alarme. Il appelle la communauté internationale, surtout la Chine, l'Inde et les Etats-Unis, à se mobiliser face à ce phénomène. sans quoi celui-ci entrainera, affirme-t-il une récession économique "d'une ampleur catastrophique".

Il pense que le réchauffement climatique peut entrainer "des dérèglements de l'activité économique et sociale (...) d'une ampleur similaire à ceux qui ont suivi les plus grandes guerres et la grande dépression de la première moitié du XXe siècle". En France, une polémique a récemment éclaté après les propos du chercheur et ex ministre PS de l'Education Nationale, Claude Allègre, proche de Lionel Jospin, qui remettait en doute la réalité du réchauffement de la planète.

Si Nicolas Stern est très écouté, c'est parce qu'il a été mandaté début 2005 par le gouvernement britannique de Tony Blair en vue d'évaluer les conséquences économiques du réchauffement climatique pour le Royaume-Uni et le monde d'ici 2100. Or, dans son rapport de 600 pages, il chiffre à plus de 5.500 milliards d'euros le manque à gagner potentiel pour l'économie mondiale si rien n'est fait face à ce phénomène.

Selon lui, les pays devraient consacrer 1% du PIB (produit intérieur brut) mondial par an pour lutter contre la spirale de la hausse des températures. Toute passivité se traduirait à terme par une charge annuelle représentant 5% du PIB mondial. Dans le pire scénario, le coût représenterait "20% ou plus" du PIB mondial."La tâche est urgente. Retarder l'action, même d'une décennie ou deux, nous entraînerait sur un territoire dangereux", avertit Sir Nicholas Stern. Il se veut pourtant "optimiste car nous avons le temps et l'argent pour agir".

Les pays pauvres seront "les premiers et les plus durement touchés" analyse Sir Nicholas Stern. "Il est juste que les pays riches payent un peu plus" que leur quote-part de 1% de PIB. Leur action doit également se faire au travers de partenariats, comme dans la forêt amazonienne, car la déforestation mondiale entraîne davantage d'émissions que l'industrie du transport".

La Chine, en pleine expansion économique, avec un rythme de croissance annuelle de quelque 10 %, d'énormes besoins en énergie et en matières premières comme l'acier, est souvent montrée du doigt quant à sa responsabilité environnementale. D'ailleurs, le Premier ministre britannique Tony Blair a relevé pendant cette conférence que si la Grande-Bretagne cessait aujourd'hui toute pollution, l'économie en terme d'émissions polluantes engendrée serait annulée en moins de deux ans par la croissance chinoise.

La Grande-Bretagne souhaite diriger la lutte contre le réchauffement climatique au niveau mondial et européen, tout en poursuivant ses efforts à domicile. A cette fin, le gouvernement britannique se dote d'un nouveau conseiller: l'ancien vice-président américain Al Gore qui a fait du réchauffement planétaire son cheval de bataille. Il en a même fait un film qu'il présente à travers toute la planète et avec lequel il se taille un beau succès, redorant son blason d'ex favori pour la Maison Blanche, battu sur le fil (et de manière contestée) par George Bush. Al Gore est même considéré par certains comme pouvant de nouveau briguer les suffrages des électeurs américains pour la charge suprême.

Le ministre britannique de l'Economie Gordon Brown, candidat au poste de Premier ministre pour succéder à Tony Blair, a annoncé une loi sur les changements climatiques avec un nouvel objectif de 60% de réduction des émissions de dioxyde de carbone d'ici 2050, appelant à la naissance d'une "économie mondiale à faible teneur en dioxyde de carbone". Le ministre britannique de l'Environnement David Miliband a indiqué que la nouvelle législation, qui sera lancée le mois prochain, fixera "un cadre clair, crédible et à long terme pour le Royaume-Uni".

L'Union européenne "est et continuera à être un meneur dans la lutte contre les changements climatiques", a déclaré une porte-parole de la Commission européenne. Son président, Jose Manuel Durao Barroso, a salué le rapport lors d'une conférence sur l'énergie à Lisbonne.

L'organisation WWF (world wilf fund) a qualifié le rapport d'"appel au réveil" adressé aux dirigeants du monde pour protéger la biodiversité, les populations pauvres et l'économie mondiale. L'organisation humanitaire britannique Oxfam a relevé le "sentiment désespéré d'urgence" du rapport. "Il place la responsabilité de l'action fermement entre les mains de ceux qui gèrent l'économie et la politique étrangère" et non plus dans celles des scientifiques et des écologistes, a souligné le centre d'études stratégiques de Chatham House à Londres.

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