Le pétrole au plus bas depuis plus d'un an

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Les prix du pétrole ont chuté jeudi à New York et ce vendredi matin en Asie. Deux rapports contradictoires sur les exportations de l'Opep ont semé le trouble sur les marchés. A la Bourse de Paris, l'action Total s'est repliée.

Les prix du pétrole ont chuté jeudi, tombant même à leur plus bas niveau depuis près d'un an, après deux rapports contradictoires sur les exportations de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), qui ont semé le trouble sur le marché.

Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude" pour livraison en décembre a baissé de 2,50 dollars, clôturant à 56,26 dollars, après être tombé à 56,20 dollars, un plus bas depuis le 30 novembre 2005. Sur la nouvelle échéance de janvier, le baril de "light sweet crude" a perdu 2,07 dollars, clôturant à 58,54 dollars

Les marchés ont été troublés par la publication de deux rapports contradictoires autour des exportations de l'Opep. Selon l'entreprise "Petrologistics", la production de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole va "effectivement baisser de 1,1 million de baril par jour en novembre". Cette analyse va donc bien dans le sens de la décision de l'Opep. Le cartel avait décidé fin octobre de baisser sa production de 1,2 million de baril par jour à compter du 1er novembre.

Mais un second rapport du cabinet de conseil "Oil Movements" est venu contredire cette information. Selon l'entreprise, "l'Opep a à l'inverse augmenté ses exportations de 210.000 barils par jour à partir du 4 novembre et la hausse devrait se poursuivre jusqu'au 2 décembre", selon John Kilduff. Ces informations contradictoires ont eu pour effet de semer une nouvelle fois le doute sur le marché, "qui se demande si l'Opep est capable de se discipliner", a jugé John Kilduff.

Parallèlement à ces deux rapports, d'autres motifs peuvent expliquer le net recul des cours. Les analystes soulignent l'expiration du contrat de décembre vendredi à New York, qui a incité de nombreux fonds à liquider leurs positions.Alors que les cours avaient entamé la journée en hausse, le mouvement s'était aussi inversé après la publication du rapport hebdomadaire sur les stocks de gaz naturel américains.

Le département américain de l'Energie (DoE) a signalé une hausse de 141,6 millions de m3 des stocks de gaz naturel la semaine dernière, à 97,7 milliards de m3. Cette progression, un peu moins importante que prévu, a suffi à déclencher une vague de prise de bénéfices sur les cours du brut. Mercredi et en début de séance jeudi, les cours avaient progressé dans la foulée d'un rapport sur les stocks américains qui avaient fait état d'un net recul des réserves de produits distillés aux Etats-Unis.

Mais l'Administration américaine océanique et atmosphérique (NOAA) a indiqué hier que l'hiver serait moins froid que la normale aux Etats-Unis. Les "températures pour les mois de décembre, janvier et février devraient être 2% au-dessus que la normale", indique le NOAA. D'autres météorologues annoncent également des températures supérieures à la normale de décembre à février sur la côte est des Etats-Unis, région la plus gourmande en énergie.
"Alors que les températures devraient revenir proches de leur normale saisonnière dans les jours qui viennent et que 11% des Américains devraient prendre la route pour le long week-end de Thanksgiving (jeudi prochain, ndlr), la pression sur les stocks de produits raffinés devrait s'intensifier", prédit John Kilduff.

En Asie, les cours du pétrole ont suivi la même tendance qu'aux Etats-Unis. Les prix du brut ont atteint leur plus bas niveau depuis 17 mois vendredi matin dans les échanges électroniques en Asie.

A Paris, Total a reculé vendredi de 2,16% à 54,45 euros.

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