Selon l'ONU, le réchauffement climatique pourrait coûter 1.000 milliards de dollars par an en 2040

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Durant la conférence sur le réchauffement climatique de Nairobi, l'ONU a déclaré que la facture de ce fléau pourrait monter jusqu'à 1.000 milliards de dollars par an d'ici 2040. L'organisation internationale appelle les compagnies d'assurance à intervenir dans les pays en développement, dont beaucoup, comme l'Ethiopie, sont déjà touchés.

Seul argument capable d'attirer vraiment l'attention des gouvernements, le facteur coût du réchauffement climatique est une nouvelle fois mis sur table. Selon une étude présentée aujourd'hui à Nairobi, les risques climatiques pourraient coûter jusqu'à 1.000 milliards de dollars par an d'ici 2040 et même avant, en tenant compte de l'ensemble des pertes économiques.

Le mois dernier, l'ancien chef économiste de la Banque Mondiale, Nicholas Stern, avait évalué à 5.500 milliards d'euros le coût du réchauffement planétaire si les gouvernements ne prennent pas des mesures radicales au cours des dix prochaines années

"D'ici 30 ans, le coût du changement climatique et des risques liés aux sécheresses, inondations, cyclones, pourrait dépasser les 1.000 milliards de dollars par an", selon Achim Steiner, directeur exécutif du Programme des Nations unies pour l'environnement (Pnue), présentant une étude réalisée par le cabinet Anglug Consulting avec le Pnue et une quinzaine d'institutions internationales, financières, bancaires et d'assurance.

"Chaque degré centigrade supplémentaire risque de coûter 2.000 milliards à l'économie mondiale", a renchéri Tomas Loster de la Fondation Munich Re, géant allemand de la réassurance. "Il s'agit du pire des scénarios possibles, un parmi d'autres, mais fondé sur des faits et les tendances de ces dernières années", a-t-il fait valoir en expliquant que les précédentes estimations de sa fondation se montaient en 2002 à 150 milliards de dollars.

L'ouragan Katrina sur la Nouvelle Orléans en 2005, premier événement à générer des réfugiés climatiques, a coûté plus de 120 milliards de dollars à l'économie et encore ne s'agissait-il que d'un seul événement, en un seul point du globe, qui a en outre épargné les quartiers les plus riches de la ville, ont-ils rappelé. "Certes, Katrina ne se produit pas chaque année, mais l'an dernier, les pertes économiques se sont élevées au total à 210 milliards de dollars", selon Tomas Loster.

D'ores et déjà en 2006, l'ouragan Kaemi qui a frappé la Chine en juillet a provoqué 9 milliards de dollars de pertes économiques; le cyclone Shanshan, au Japon, 2,5 milliards de dollars, et les tornades de mars aux Etats-Unis, 1,5 milliard de dollars.

Face à l'ampleur prévisible des dégâts, les experts de l'Onu ont appelé à créer des outils pour garantir les plus pauvres, alors que les politiques d'assurance ont surtout concerné jusqu'alors les pays développés. Selon le patron du climat à l'Onu, Yvo de Boer, un accord a enfin été trouvé à Nairobi sur la gestion du Fonds d'adaptation, prévu par le protocole de Kyoto pour aider les pays en développement à faire face au réchauffement.

Mais ce fonds, dont on ne sait encore quel organisme le gèrera, ne compte pour l'heure que 3 millions de dollars... "Il faut absolument impliquer le secteur privé des assurances, qui doit proposer de nouveaux produits, et la communauté des donateurs. Agir de façon préventive et non réactive", a insisté M. Loster, espérant "une grande musique plutôt que des petits bruits".

Achim Steiner a cité une initiative du Pnue en Ethiopie avec le groupe d'assurances français Axa, la Banque mondiale et le gouvernement américain, destinée de mars à octobre à garantir les pasteurs et les fermiers contre la sécheresse "avant qu'elle ne les ait dépouillés de tous leurs biens". Achim Steiner a également mentionné le partenariat entre les institutions de micro-crédit en Inde et la compagnie suisse de réassurance Swiss Re, au profit des paysans de l'Andhra Pradesh en appelant institutions financières, les compagnies d'assurance et de ré-assurance, "affûtées dans la gestion du risque", à faire preuve de créativité au profit des populations des pays développés".

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