La croissance nipponne se poursuit en début d'année

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Les dépenses des consommateurs et des entreprises ont permis au Japon d'approcher sa plus longue période de croissance depuis la seconde guerre mondiale.

Amorcée au premier trimestre 2002, la croissance nipponne semble en bonne voie pour dépasser en durée la croissance record de la fin des années soixante. Appelée le "boom Izanagi", d'après une divinité Shinto, cette période d'expansion de 57 mois entre 1965 et 1970 était jusqu'à présent la plus longue depuis la seconde guerre mondiale. L'augmentation du Produit intérieur brut (PIB) a atteint 0,5% sur les trois premiers mois de l'année et de 1,9% en glissement annuel.

C'est mieux que ce qu'anticipaient les économistes, dont le consensus relevé par l'agence Bloomberg s'établissait à 0,3% et 1,1% en rythme annuel. Les statistiques publiées aujourd'hui traduisent néanmoins un net ralentissement des performances économiques du Japon par rapport au vigoureux dernier trimestre 2005, au cours duquel le PIB avait progressé de 1,1% par rapport au trimestre précédent et de 4,3% en rythme annuel, selon des chiffres révisés.

"Le rythme de la croissance a certes ralenti, mais tous les paramètres intérieurs clés comme la consommation privée, les investissements immobiliers ou les dépenses en capital des entreprises ont apporté des contributions positives. Cela démontre la solidité de la reprise économique du pays", a commenté Taro Saito, économiste à l'institut de recherche NLI, interrogé par l'AFP.

La croissance au premier trimestre est en effet entièrement attribuable à la demande intérieure, alors que la contribution du commerce extérieur a été nulle, les fortes importations de pétrole anéantissant le dynamisme des exportations. Les exportations ont crû de 2,7% (après +3,8% au trimestre précédent), tandis que les importations ont augmenté de 3,0% (-0,6% en octobre-décembre).

La consommation des ménages s'est maintenue avec une hausse de 0,4% seulement, contre 0,6% en octobre-décembre. "Cette poursuite de la hausse est une surprise. Je pensais que la consommation allait diminuer", a tempéré Taro Saito. Quant aux investissements des entreprises, ils ont augmenté de 1,4%, alors qu'il avait reculé de 0,2% au trimestre précédent.

Le déflateur du PIB, qui mesure la baisse générale des prix, s'est affiché à -1,3% sur un an contre -1,6% au trimestre précédent, traduisant la persistance de tensions déflationnistes dans l'économie nippone. Cet indice des prix "s'améliore lentement, mais on ne peut pas encore dire que l'économie a surmonté la déflation", a commenté le ministre des Finances, Sadakazu Tanigaki. Contrairement à la Banque du Japon, qui a proclamé en mars dernier la fin officielle de la déflation, le gouvernement nippon soutient que la hausse des prix du pétrole escamote une tendance de fond toujours déflationniste.

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