Rumsfeld et le courage retrouvé des networks

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La démission surprise du secrétaire à la Défense a presque éclipsé la victoire des démocrates à la Chambre des représentants sur les écrans de télévision. Les commentateurs ont critiqué le ministre de George W. Bush comme jamais.

Bang! Le fusible Donald Rumsfeld a sauté hier, volant la vedette aux vainqueurs démocrates sur les networks américains. La démission soudaine du secrétaire à la Défense a surpris tout le monde aux Etats-Unis. Voilà moins d'une semaine, Bush n'avait-il pas loué "le travail fantastique" du chef du Pentagone dont le départ était souhaité par tout le monde, ou presque?

Par (l'ex-)opposition démocrate évidemment, par certains républicains qui regrettaient ses choix malheureux en Irak, par les généraux que le Pentagone n'a jamais écoutés, et finalement par l'opinion publique qui, après avoir soutenu la croisade de l'administration Bush, ne comprend plus pourquoi ses "boys" occupent l'ancienne Mésopotamie...

Devant les caméras de télévision, George W. Bush a tenu à rendre un dernier hommage à "l'un des plus capables" de ses ministres, au "secrétaire de la Défense qui soit resté le plus longtemps" à ce poste - six ans déjà - un homme grâce auquel "l'Amérique est plus sûre et le monde davantage en sécurité" (sic).

Aux yeux des Américains, Donald Rumsfeld incarnait à lui seul les défauts qu'ils ont reprochés à l'administration à l'occasion des élections de mi-mandat et dont les candidats au Congrès ont fait les frais: arrogance, autoritarisme, absence totale de "stratégie de sortie" en Irak... Future présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi a souligné hier que "Donald Rumsfeld n'était qu'un employé du président dont il appliquait la politique".

La réaction des chaînes de télévision américaines au brusque départ de Donald Rumsfeld pourrait prêter au sourire si l'intervention en Irak n'avait été si inutile et meurtrière à la fois. Alors qu'en 2003 les médias du monde entier s'interrogeaient sur la légitimité d'une future intervention américaine en Irak, les networks américains, au garde à vous, faisaient l'éloge d'un effort de guerre que les attentats du 11 septembre 2001 avaient à leur sens rendu nécessaire.

Hier, ces mêmes networks sont tombés à bras raccourcis sur Donald Rumsfeld, multipliant les interviews de gradés indignés par la froide détermination du futur ex-secrétaire à la Défense, rappelant son impopularité dans les sondages, ses déclarations sur les armes de destruction massives en 2002... Son successeur désigné, Robert Gates, leur pose déjà problème, plusieurs commentateurs s'étant emmêlés les pinceaux en l'appelant "Bill Gates", "oups! sorry"!

Correspondante de CNN au Pentagone, Barbara Starr aura manifestement du mal à couper le cordon avec "Rummie". Elle a tenu à rassurer les téléspectateurs sur l'avenir du ministre démissionnaire. "C'est un homme qui adore ses petits enfants, il va probablement s'installer dans sa résidence secondaire" de Saint Michaels, dans le Maryland. Une majorité d'Américains s'en félicite.

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