A 2,2% en 2005, l'inflation de la zone euro laisse la BCE sur le qui-vive

 |   |  401  mots
La croissance mondiale et les cours du pétrole ont dopé l'inflation l'an dernier. Un pic en ce début d'année devrait permettre à la BCE de justifier un nouveau resserrement monétaire.

Pour la première fois en cinq ans, l'indice des prix à la consommation harmonisé des Douze de la zone euro est ressorti en 2005 au-dessus de la limite de 2% de la Banque Centrale Européenne (BCE). En ligne avec les prévisions des économistes du consensus recueilli par l'agence Bloomberg, l'inflation s'est inscrite en hausse de 2,2% en rythme annualisé en décembre, en recul pour le troisième mois consécutif après les 2,3% enregistrés au mois de novembre. La hausse de 40% des prix du pétrole en 2005 est bien entendu la raison essentielle de la hausse des prix. "Ce ralentissement du mois de décembre n'est que passager, estime Sylvain Broyer, chez Ixis. L'inflation devrait connaître un pic à 2,6% en janvier et février, qui permettra à la BCE de justifier une hausse des taux supplémentaire de 25 points de base avant la fin du premier trimestre".

A l'issue de sa dernière réunion de politique monétaire, la semaine dernière, la BCE avait maintenu son principal taux directeur inchangé à 2,25%. Parallèlement, son président Jean-Claude Trichet a ouvert la porte à une nouvelle hausse des taux pour contenir les tensions inflationnistes.

De fait, la Banque centrale européenne (BCE) va continuer à surveiller de "très près" les risques inflationnistes, écrit l'institut monétaire dans son bulletin mensuel de janvier publié ce matin. Malgré un certain ralentissement depuis le mois de septembre, la banque centrale estime que "les taux d'inflation pourraient montrer une certaine volatilité sur les premiers mois de 2006 et grimper dans une certaine mesure, sous l'effet notamment d'effets de base sur les prix de l'alimentation".

Selon ses dernières prévisions publiées en décembre, la BCE table sur une inflation de 2,1% en zone euro cette année. "Après le pic du début d'année, l'inflation devrait retomber à 1,8% en septembre, à condition que les cours du pétrole ne progressent pas de plus de 10% d'ici là; la BCE devra alors trouver d'autres arguments pour resserrer sa politique monétaire", estime Sylvain Broyer. Les opérateurs sur les marchés à terme entrevoient des taux directeur à 2,75% d'ici octobre, constate l'agence Bloomberg.

Parmi les grandes économies de la zone euro, l'Allemagne et l'Italie ont enregistré une inflation annuelle de 2,1% (contre respectivement 2,3% et 2,4% en novembre), et la France 1,8% (inchangé). L'Espagne, avec 3,7%, connaît toujours une inflation relativement forte. Elle s'est même accélérée par rapport à novembre (3,4%).

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :