Le baril de pétrole frôle les 70 dollars

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Les baisses de réserves d'essence plus importantes que prévu aux Etats-Unis ont fait bondir les cours du pétrole, déjà stimulés par les craintes sur le programme nucléaire iranien. Le baril est monté à 69,97 dollars à Londres et à 69,60 dollars à New York. Par ailleurs, la Commission européenne revoit en baisse ses prévisions de croissance.

Il ne manquait plus qu'une mauvaise série de statistiques sur le marché du pétrole américain. Déjà soutenu ces derniers jours par les problèmes d'approvisionnement au Nigeria et par les tensions croissantes entre les Etats-Unis et l'Iran, le cours du baril de brent a battu un nouveau record cet après-midi à 69,97 dollars. Le département américain de l'Energie (DoE) a fait état d'une forte hausse des stocks de pétrole brut mais de baisses de réserves d'essence et de produits distillés plus importantes que prévu, la semaine dernière aux Etats-Unis.

De fait, cette nouvelle a exacerbé la crainte d'une pénurie d'essence aux Etats-Unis cet été, au moment des nombreux déplacements en voiture. Les réserves américaines d'essence sont en baisse continue depuis plus d'un mois, en raison d'une capacité de raffinage réduite due aux dégâts des ouragans de l'été dernier et à de nouvelles normes environnementales dans la composition de l'essence.

A New York, le baril de brut a immédiatement grimpé à 69,60 dollars, tout proche du record de 70,85 dollars d'août dernier, lorsque l'ouragan Katrina avait ravagé le sud-est des Etats-Unis. Depuis le début de l'année, l'or noir a glané quelque 13%, poursuivant son inexorable progression entamée début 2002 en raison des craintes de pénurie de réserves pétrolières, avec en toile de fond les tensions géopolitiques au Moyen-Orient.

Depuis quelques jours, c'est essentiellement le risque que les Américains usent de la force militaire pour obliger le régime des mollahs en Iran à renoncer à son programme nucléaire qui attise les cours du pétrole. De fait, les efforts déployés par le président américain George Bush afin d'apaiser les inquiétudes restent vains.

Les investisseurs restent alarmés par les articles de la presse américaine de ce week-end évoquant l'éventualité d'une frappe militaire américaine. D'autant que le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a déclaré hier que "l'Iran ne reculera pas d'un iota" sur son programme nucléaire, rejetant une nouvelle fois une demande du Conseil de sécurité de l'Onu de suspendre ses activités d'enrichissement. Pire, Mahmoud Ahmadinejad a déclaré hier que "l'Iran va rejoindre prochainement le club des pays qui ont la technologie nucléaire".

"Etant donné la faible probabilité de voir ces problèmes disparaître à court terme, tout porte à croire que le pétrole devrait se maintenir à un niveau élevé", indique Eoin O'Callaghan, chez BNP Paribas. Corollaire à l'inflation des prix du pétrole, qui pousse les investisseurs vers des valeurs "sûres", l'once d'or a dépassé les 600 dollars hier en séance à Londres, à son meilleur niveau depuis plus de 25 ans.


La croissance européenne revue à la baisse
Les perspectives de croissance de la zone euro s'assombrissent, sous l'effet, notamment, de la hausse des prix du pétrole. La Commission européenne a ainsi revu en baisse ses prévisions de croissance pour les trois premiers trimestres de 2006. Pour le premier trimestre de l'année, Bruxelles table désormais sur une croissance de 0,4 à 0,8% au lieu des 0,4 à 0,9% initialement prévus. Pire encore, pour le deuxième trimestre, les services de la Commission n'anticipent plus que 0,3 à 0,8% de croissance, contre 0,4 à 0,9%. Et pour le troisième, la nouvelle fourchette est désormais de 0,2 à 0,8%, au lieu de 0,4 à 0,9%.

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