Les Tchèques sont pour l'euro, leurs politiciens beaucoup moins

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L'Europe est absente de la campagne pour les législatives des 2 et 3 juin, dans ce pays entré dans l'Union en mai 2004. Quant à l'euro, si les citoyens sont pour, les hommes politiques de tous bords sont au contraire réticents. Et tous se félicitent du "non" français à la Constitution.

Les prix, à Prague, la capitale de la République tchèque, sont, pour les touristes, au même niveau que dans le reste de l'Europe. Mais même si les euros sont déjà acceptés, c'est la couronne tchèque qui est encore en vigueur. Pour au moins quatre ou cinq ans encore. Car si les sondages font état d'une volonté, de la part des citoyens, de se rapprocher encore plus de l'Union en adoptant sa monnaie, les politiciens, eux, semblent réticents.

Le parti conservateur, qui pourrait bien, si l'on en croit les dernières études d'opinion, remporter les législatives, se trouve d'ailleurs dans une situation étrange, celle d'être contre l'euro, contre la Constitution, et surtout contre la bureaucratie bruxelloise, tandis que les supporters sont, au moins pour ce qui concerne l'euro, pour!

Certes, devant les journalistes, le député européen conservateur Jan Zahradil fait bonne figure. "La question n'est pas de savoir si nous allons rejoindre l'euro, mais quand, dit-il, puisque nous y sommes obligés". Mais pour cela, il faut faire des efforts, et le gouvernement conservateur, s'il est élu, ne semble pas prêt à y consentir. "Evidemment, il y aura des avantages, d'un point de vue commercial, à adopter l'euro", avance-t-il. Mais il s'empresse d'ajouter que "le jeu n'est pas à somme nulle". Autrement dit, l'Etat perdra un levier essentiel, celui de la politique monétaire, qu'il faudra abandonner à la Banque centrale européenne...

Pour l'heure, de toute façon, l'Europe et l'euro ne sont pas des thèmes de campagne électorale. Sans doute en raison du fameux fossé entre l'opinion publique et les partis politiques. Pour les citoyens, l'Europe est le symbole de l'ancrage à l'Ouest, après des années de communisme. Et l'Union incarne aussi la liberté de voyager à travers tout le continent, même si, compte tenu du niveau de vie (d'un tiers moins élevé que celui de l'Europe des 15), c'est une liberté virtuelle plutôt que réelle.

Pour les politiciens, au contraire, l'Europe, c'est avant tout la bureaucratie bruxelloise, qu'il faut dompter pour profiter des avantages, tels que les transferts de fonds. Du coup, l'envie de s'en rapprocher davantage est limitée. A cet égard, les partis, de droite comme de gauche, sont unanimes: ils sont contre la Constitution. Parce qu'ils refusent le fédéralisme, et préfèrent garder un maximum de souveraineté. Là aussi, peut-être cet attachement a-t-il des racines historiques. Toujours est-il qu'ils se sont félicités des "non" français et néerlandais à la Constitution. A leurs yeux, le texte est enterré. Et pas question de faire leur propre référendum sur la question...

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