Retour à la normale des livraisons de gaz russe en Europe

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La Russie a honoré sa promesse de rétablir les livraisons de gaz vers l'Europe. Depuis que Gazprom prive l'Ukraine de son gaz, nombre de pays européens s'étaient inquiétés d'une baisse de leurs approvisionnements transitant par l'Ukraine.

Gaz de France a annoncé aujourd'hui le retour à la normale de ses approvisionnements de gaz en provenance de Russie, après avoir constaté hier une baisse de l'ordre de 25 à 30% de ses livraisons. Le groupe, qui dispose selon lui du portefeuille d'approvisionnement le plus diversifié d'Europe, se fournit en gaz russe à hauteur de 24% de ses importations totales. Il s'approvisionne également en Algérie, en Norvège, aux Pays-Bas et au Nigeria.

De nombreux groupes gaziers européens avaient fait état hier d'une baisse de leur approvisionnement depuis la Russie. Un retour à la normale a été constaté ce matin dans plusieurs pays, notamment en Hongrie, en Autriche et en Allemagne.

Malgré la résolution de ce volet là du problème, le Commissaire européen à l'Energie, Andris Piebalgs, a indiqué qu'il resterait "très inquiet" tant que le conflit sur le gaz entre la Russie et l'Ukraine ne serait pas réglé. "Les discussions vont reprendre aujourd'hui entre Gazprom et Naftogaz, c'est encourageant pour l'approvisionnement en gaz et aussi parce que les négociations continuent", a précisé le commissaire.

De fait, accusé par Gazprom d'avoir prélevé en une journée 100 millions de mètres cubes de gaz destinés à l'Europe, l'Ukraine n'a cessé de démentir cette information... tout en menaçant d'effectuer des prélèvements en cas de baisse des températures. La Commission européenne a prévu une réunion d'experts mercredi pour se pencher sur les conséquences de ce conflit.

Le monopole semi-public Gazprom a commencé dimanche à couper progressivement ses livraisons à l'Ukraine après le refus de ce pays d'accepter le quadruplement du prix de gaz. Pour son troisième jour à la tête du G8, la Russie voit son image ternie par cette querelle, interprétée comme sa revanche sur une Ukraine devenue pro-occidentale depuis l'arrivée au pouvoir de Victor Iouchtchenko. Non seulement Vladimir Poutine remet en cause le bien-fondé de la politique de bas prix accordé du temps de l'Union Soviétique, mais nul doute qu'il cherche également à éviter un effet de contagion de la révolution orange aux pays voisins, dont la Biélorussie et la Russie elle-même.

Déjà affaibli par le ralentissement économique dont souffre actuellement l'Ukraine, Victor Iouchtchenko pourrait pâtir de ce nouvel obstacle lors des prochaines élections en mars. Reste que si Kiev se trouve extrêmement dépendant de la Russie pour son approvisionnement en gaz et ses exportations de métaux, en particulier d'acier, la Russie apparaît également tributaire de la république ukrainienne, par laquelle transite l'essentiel de ses exportations à destination de l'Europe. Il est probable, dans ces conditions, que le bras de fer entre les deux pays limitrophes se soldera par une augmentation plus modérée et progressive des prix du gaz russe à destination de l'Ukraine.

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