Israël prépare l'après-Sharon

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Le Premier ministre israélien a été de nouveau opéré vendredi matin. Toute perspective d'un retour à la vie politique semblant désormais exclue, Israël prépare activement sa succession.

L'état de santé d'Ariel Sharon s'est de nouveau dégradé vendredi matin. Le Premier ministre israélien, qui avait été placé en coma artificiel jeudi après-midi, a dû subir une nouvelle intervention chirurgicale d'une durée de trois heures, après la reprise de son hémorragie cérébrale.
Tout le pays se prépare désormais à une succession considérée comme inévitable.

Deux jours après l'attaque cérébrale qui a entraîné son hospitalisation d'urgence, l'état d'Ariel Sharon apparaît donc comme de plus en plus grave. Alors que certains médecins exprimaient jeudi soir l'espoir d'une amélioration, la brutale dégradation intervenue vendredi matin semble exclure toute possibilité de rétablissement du Premier ministre. Selon différentes sources médicales, si Ariel Sharon devait survivre, il serait en tout état de cause incapable de reprendre une activité politique.

Dès lors, Israël doit se préparer à organiser la succession de son leader, et cela au plus vite. Dans l'immédiat, le bon fonctionnement de l'Etat est assuré par Ehud Olmert, fidèle de Sharon et vice-Premier ministre, qui est depuis hier Premier ministre par intérim. Mais dans les semaines qui viennent, c'est à une recomposition profonde de la vie politique israélienne que l'on devrait assister.

Alors que le pays se préparait déjà aux élections générales prévues pour le 28 mars, c'est l'évolution du parti Kadima qui va focaliser l'attention tant des Israéliens que du reste du monde. Ce parti vient en effet d'être créé par Ariel Sharon lui-même, pour porter sa vision "centriste" du processus de paix au Proche-Orient: à mi-chemin entre l'intransigeance sécuritaire du Likoud, dont Sharon a démissionné avec fracas, et la volonté du Parti travailliste de négocier une vraie paix en échange de concessions territoriales.

Kadima connaissait un démarrage fulgurant, les sondages lui accordant une majorité relative mais confortable aux prochaines élections. De ce fait, la disparition de la vie politique d'Ariel Sharon, leader charismatique, pose la question de l'avenir de ce parti nouveau-né. Le choix du successeur du Premier ministre à la tête du parti va donc constituer une échéance cruciale pour la vie politique israélienne.

Ehud Olmert semble pour le moment bien placé pour occuper cette place et mener le parti dans la bataille des législatives à venir. Sa position pourrait être confortée par les premiers sondages réalisés depuis l'hospitalisation d'Ariel Sharon, qui donnent toujours Kadima vainqueur dans les prochaines élections, avec 40 sièges de députés, si Olmert en prend la direction. Mais il est vrai que le même sondage - à prendre avec précaution vu le contexte hautement émotionnel dans lequel il est réalisé - donne une victoire encore plus nette (42 sièges) à Kadima dans l'hypothèse où Shimon Pérès prendrait la tête du parti. Une hypothèse quelque peu hasardeuse, malgré tout. Car si l'ancien Premier ministre travailliste a quitté son ancien parti pour se rallier aux vues de Sharon, il semble pour le moment difficile de le voir prendre la tête d'un parti constitué pour l'essentiel de gens ayant fait défection du Likoud.

En attendant, l'inquiétude est palpable dans l'ensemble de la région et dans le reste du monde. Avec la disparition de Sharon de la vie politique, c'est tout le processus de paix dans la région qui pourrait être compromis. D'où la sollicitude manifestée par le président palestinien Mahmoud Abbas ainsi que, plus généralement, par l'ensemble des leaders occidentaux.

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