Largement réélu, Lula promet de doubler le rythme de croissance du Brésil

C'est une large victoire que Lula aura finalement remportée dans l'élection présidentielle brésilienne, qui l'a vu être réélu cette nuit avec plus de 60% des voix. Après avoir été contraint à un humiliant deuxième tour, Luiz Inacio Lula da Silva a affirmé ce matin qu'il allait placer son deuxième mandat sous le signe de la "préférence donnée aux pauvres".Avec la quasi-totalité des bulletins de vote dépouillés, la victoire de Lula apparaît sans appel: le candidat de gauche a obtenu près de 61% des voix. Son adversaire, Geraldo Alckmin, a obtenu pour sa part 39% des voix. Ce dernier n'aura donc pas renouvelé l'exploit du premier tour où, de façon plutôt inattendue, il avait déjoué les sondages en empêchant Lula d'être directement réélu.Claire et nette, la victoire de Lula n'en aura pas moins été laborieuse. Le président du Brésil a été durement touché, dans sa campagne, par des affaires de corruption touchant son entourage et son parti. Et son image d'homme politique proche des travailleurs, qui l'a porté au sommet de l'Etat lors de sa première élection voici quatre ans, a été écornée par les réalités du pouvoir au cours de son premier mandat.C'est sans doute pour cela que le président réélu a d'emblée affirmé ce matin que son nouveau gouvernement allait donner "la préférence" aux pauvres. "Nous voulons que le Brésil devienne plus juste", a-t-il affirmé dans sa première intervention après l'annonce des résultats. Selon lui, sa réélection est due au fait que le peuple brésilien "a senti que sa vie s'était améliorée, avec plus de nourriture dans l'assiette". Elu la première fois avec un programme de lutte contre la pauvreté qui ravage la première économie d'Amérique latine, Lula a de fait un bilan solide à présenter. Il a triplé le nombre de familles recevant des allocations pour scolariser leurs enfants, il a augmenté le salaire minimum et a fait reculer le chômage, tout en assainissante les fondamentaux de l'économie: l'inflation est tombée durant son premier mandat de 14 à 3,7%, tandis que la devise brésilienne s'appréciait. Globalement, l'économie brésilienne a crû sur la période de 2,5% par an en moyenne.Dans son allocution de ce matin, le président réélu a d'ailleurs affirmé qu'il continuerait à pratiquer une politique de rigueur. La politique budgétaire sera "dure", a-t-il lancé, parce que le pays "ne peut pas dépenser plus que l'on ne gagne, sinon on s'endette et on ne peut plus payer". Le Brésil doit dont miser sur "la croissance de l'économie et la distribution des revenus", a affirmé le président, pour qui "l'adversaire maintenant est l'injustice sociale que nous devons vaincre". Un objectif pour lequel il a affirmé vouloir obtenir le soutien de tous les partis.Alors que l'économie brésilienne est désormais soutenue par la progression des prix des matières premières que le pays exporte en abondance - minerai de fer, sucre, café, etc... - Lula a affirmé ce matin qu'il espère que la croissance pourra désormais s'établir à 5% par an en moyenne, le double des performances de la période précédente.

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