Le grand bond en avant de Wal-Mart

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La Chine est un pays de rêve pour le numéro un mondial de la distribution. Sa population urbaine voit son pouvoir d'achat augmenter, alors même que celui des Américains est menacé par l'inflation.

Rencontrant la résistance d'associations de consommateurs à chaque fois qu'il essaie d'ouvrir une nouvelle enseigne en son pays, Wal-Mart rêve d'Asie. Le numéro un mondial de la distribution vient d'annoncer qu'il entendait inaugurer vingt nouveaux magasins en Chine en 2006, où il pourrait embaucher jusqu'à 150.000 personnes dans les cinq prochaines années.

Pour le groupe, le calcul est simple: alors que la consommation des ménages américains - grâce auxquels il a encore réalisé 80% de son chiffre d'affaires de 312 milliards de dollars en 2005 - pourrait se tasser, celle des ménages chinois a vocation à exploser...

A la mi-mars, à Washington, le département du Commerce a annoncé qu'en février, les ventes au détail avaient chuté de 1,3% aux Etats-Unis, enregistrant leur premier recul en six mois. Le même jour, à Pékin, le Bureau national des statistiques indiquait qu'au cours des deux premiers mois de l'année 2006, les ventes au détail avaient grimpé de 12,5% dans l'ancien empire du Milieu.

Aux Etats-Unis, certains économistes craignent un recul de la consommation et notent que depuis plusieurs années, les ménages ont surtout profité de l'aubaine de la baisse des taux d'intérêt pour utiliser la garantie offerte par leur hypothèque à des fins de consommation courante. Selon Freddie Mac, 279 milliards de dollars ont ainsi été injectés dans l'économie américaine l'an dernier. Mais le spécialiste du crédit immobilier estime que cette manne devrait chuter de 50% en 2006.

En février, le salaire horaire moyen a augmenté de 3,5% sur un an aux Etats-Unis. Or, dans le même temps, les prix à la consommation se sont appréciés de 3,6%. L'impact de l'inflation sur le comportement des ménages inquiète au plus haut point Lee Scott, le patron de Wal-Mart. En octobre dernier, celui-ci a engagé le Congrès à augmenter le salaire horaire minimum, bloqué à 5,15 dollars depuis 1997. Nos clients "ont du mal à s'en sortir", avait alors déclaré le président du groupe, dont les produits bon marché s'adressent en priorité aux ménages peu aisés.

Mais le premier employeur privé des Etats-Unis, avec 1,3 million d'employés, ne devrait-il pas balayer devant sa porte et participer lui-même à la hausse du niveau de vie de ses concitoyens? D'après un document interne au distributeur, 5% des employés américains de Wal-Mart dépendent du programme de santé Medicaid, destiné aux plus nécessiteux, tandis que 19% d'entre eux ne disposent pas de couverture santé du tout!

Une politique sociale pour laquelle le distributeur est vilipendé aux Etats-Unis mais qui ne devrait pas gêner son expansion en Chine. Un pays de rêve pour le groupe, dans la mesure où sa population urbaine - dont les aspirations politiques et syndicales sont bridées - a vu son revenu par habitant grimper de 9,6% l'an dernier...

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