Micro-réacteurs nucléaires : Antares franchit le cap décisif de la criticité

Le système d'Antares a réussi à enclencher une réaction de fission en chaîne auto-entretenue.
Antares

Le système d'Antares a réussi à enclencher une réaction de fission en chaîne auto-entretenue.
Antares
La course aux petits réacteurs nucléaires s’accélère aux États-Unis. La start-up Antares a annoncé avoir atteint un jalon important en faisant fonctionner de manière autonome son prototype de micro-réacteur Mark-0, devenant ainsi la première entreprise privée américaine à atteindre ce stade de développement.
Réalisé sur le site de l’Idaho National Laboratory (INL), dans l’État de l’Idaho, le test a permis au réacteur d’atteindre la « criticité », étape déterminante dans le cycle de développement nucléaire. Concrètement, le système a réussi à enclencher une réaction de fission en chaîne auto-entretenue, lui permettant désormais de produire sa propre énergie de façon continue.
Cette réussite intervient dans le cadre du « Reactor Pilot Program » du ministère américain de l’Énergie (DOE), qui accompagne onze projets de micro-réacteurs et de petits réacteurs modulaires (SMR). L’objectif affiché par Washington est d’amener plusieurs de ces technologies à la criticité avant le 4 juillet, date de la fête nationale américaine. Antares est la première à relever le défi.
Contrairement à la plupart des centrales nucléaires civiles, le Mark-0 ne repose pas sur la technologie à eau pressurisée. Il utilise du sodium liquide comme fluide caloporteur pour refroidir le cœur du réacteur. Cette technologie, expérimentée dès les années 1950, présente certains avantages : les installations fonctionnent à pression atmosphérique, ce qui réduit les risques liés à une surpression ou à une explosion de vapeur. En contrepartie, le sodium exige des précautions particulières puisqu’il s’enflamme au contact de l’air et réagit violemment avec l’eau.
Pour Antares, cette démonstration valide une stratégie de développement particulièrement rapide. « Nous sommes passés d’un concept à la criticité en moins de 12 mois », a indiqué le patron d’Antares Jordan Bramble. La jeune pousse vise désormais un autre objectif : déployer ses premiers micro-réacteurs sur des sites militaires américains d’ici septembre 2028. Ces unités compactes sont présentées comme une solution pour fournir une énergie fiable et décarbonée dans des zones isolées ou stratégiques.
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Avant toute commercialisation, Antares devra toutefois franchir une étape réglementaire essentielle. Son réacteur bénéficie aujourd’hui d’une autorisation spéciale du DOE pour les essais, mais devra obtenir l’homologation de la Commission américaine de régulation du nucléaire (NRC). Un processus exigeant : à ce jour, seul le design développé par la start-up américaine NuScale a reçu l’aval du régulateur.
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