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L'action EADS dévisse en Bourse

La Tribune

Publié le 04 octobre 2006 à 09:21 - Mis à jour le 22 octobre 2008 à 17:26

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Les retards du programme A380 et les pertes prévues par le groupe pèsent sur la valeur de l'action. Suspendu à l'ouverture des marchés, le titre perdait près de 11% à la reprise de cotation. Parallèlement, le britannique BAE Systems a annoncé ce matin la vente à EADS de sa participation dans Airbus

L'action EADS est en chute violente ce matin, suite à l'annonce faite hier de nouveaux retards considérables dans le programme du très gros porteur A380 et de leur impact sur les résultats du groupe aéronautique. Suspendu à l'ouverture, le titre chutait de près de 11% à la reprise des cotations, perdant 10,68% à 20,23 euros vers 9h12. En fin d'après-midi, il perd encore 4,15% à 21,71 euros.

Le marché sanctionne ainsi vivement les annonces faites mardi, selon lesquelles le programme A380 va prendre un an de retard supplémentaire. Un retard qui devrait coûter au groupe quelque 5 milliards d'euros. Au lieu des 2 milliards de profit d'exploitation attendus d'ici à 2010, EADS devrait en fait subir une perte de 2,8 milliards. Le groupe va en effet devoir assumer des coûts supplémentaires, ainsi que de lourdes pénalités de retard à verser aux compagnies ayant commandé des A380.

Autre élément qui pèse sur les cours: l'agence de notation Standard & Poor's a annoncé ce matin avoir mis les notes d'EADS sous surveillance avec implication négative. En outre, Morgan Stanley et JP Morgan ont abaissé leurs objectifs de cours respectivement de 30 à 26 euros et de 22 à 18 euros.

Par ailleurs, les actionnaires de BAE Systems, le numéro un européen de la défense, ont approuvé ce matin la vente à EADS des 20% détenus par le groupe dans le capital d'Airbus. Le Britannique espère ainsi empocher de la cession de sa participation un gain net d'environ 1,78 milliard d'euros. L'opération devrait être bouclée sous une dizaine de jours ouvrés.

Les déboires du groupe européen d'aéronautique et de défense émeuvent en tout cas au plus haut niveau. Ce mercredi, les gouvernements français et allemand se sont ainsi exprimés sur l'affaire. Le Premier ministre français Dominique de Villepin a appelé les dirigeants du groupe, à l'occasion de sa conférence de presse mensuelle, à "tout faire pour préserver l'emploi". Le chef du gouvernement a affirmé "faire confiance à la direction d'EADS et au président Gallois (co-président exécutif d'EADS)" pour résoudre les problèmes du groupe.

De son côté, le gouvernement allemand s'est fait un peu plus précis. Dans un communiqué, le ministre de l'Economie, Michael Glos, a affirmé attendre de la direction du groupe aéronautique "qu'elle prenne les mesures qui s'imposent pour régler les problèmes de l'A380 et assurer la compétitivité du groupe sur le long terme". Plus précisément, le ministre allemand a affirmé présumer que "les mesures inévitables pour augmenter l'efficacité et abaisser les coûts s'appliqueront équitablement à tous les sites de productions et que d'éventuels efforts douloureux seront répartis de manière juste". Pour les autorités allemandes, il s'agit de lancer un message clair: pas question que les restructurations envisagées chez Airbus se fassent au détriment des sites allemands, comme le veut une hypothèse selon laquelle Airbus rapatrierait l'essentiel de sa production en France. Les autorités allemandes en sauront plus, en tout cas, dès demain, puisqu'une rencontre est prévue ce jeudi entre Michael Glos et le PDG d'Airbus, Christian Streiff.

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