La canicule impose de refroidir les villes. Les industriels de l'énergie Dalkia, Engie et Veolia, se positionnent pour installer toujours plus de réseaux de froid, forts de premiers retours d'expérience dans des collectivités pionnières. D'autant que l'État fixe des objectifs très ambitieux aux horizons 2030 et 2035.Qui ne s'est jamais plaint du rejet d'air chaud de la climatisation de son voisin de copropriété à proximité immédiate de sa fenêtre ? Qui n'a jamais été saisi d'effroi en voyant ces blocs se multiplier aux façades des immeubles ? Entre deux vagues de canicule, les industriels de l'énergie multiplient donc les annonces sur les réseaux de chaleur et de froid, ces infrastructures souterraines qui produisent et distribuent de l'énergie à partir d'une source centrale.
100 sites identifiés par Veolia
Premier à tirer : l'autoproclamé « leader mondial des services à l'environnement » Veolia a dévoilé, vendredi dernier, « un plan d'accélération ». Plus de cent sites ont été identifiés en France pour faciliter le déploiement de ces réseaux urbains, a ainsi fait savoir la major dans une déclaration transmise à la presse. Et d'illustrer avec Paris-Saclay où elle exploite déjà l'un des réseaux urbains de chauffage et de froid de « nouvelle génération, parmi les plus innovants du monde ».
« Le réseau a effectivement été conçu par Idex sur une idée révolutionnaire : une boucle tempérée, notamment alimentée par de la géothermie et bientôt par les eaux de refroidissement de l'accélérateur de particules Synchrotron, et une boucle secondaire qui fait de l'échange de froid et de chaud, car nous avons toujours besoin des deux », confirme, auprès de La Tribune, Martin Guespereau, directeur général de l'établissement public d'aménagement (EPA) Paris-Saclay.