Tensions politiques autour de l'offre de Mittal sur Arcelor

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Arcelor somme le gouvernement belge de le soutenir contre l'OPA hostile lancée par Mittal Steel, tout en affirmant n'avoir besoin que du soutien de ses actionnaires. Et tandis que le Premier ministre luxembourgeois défend Arcelor, un autre responsable politique du Grand Duché fait l'éloge de Mittal...

La polémique autour du projet d'OPA de Mittal Steel sur le sidérurgiste franco-belge Arcelor continue d'enfler. Le vice-président d'Arcelor, Michel Wurth, a déclaré aujourd'hui dans le journal belge Le Soir, que les autorités belges devaient choisir leur camp. "Ce serait bien que les autorités belges reconnaissent ce qu'Arcelor fait dans ce pays et qu'elles s'expriment enfin sur le sujet. Arcelor entretient en Belgique davantage d'activités de recherche et développement que Mittal Steel en possède dans la totalité de son groupe", a-t-il souligné.

Michel Wurth a d'ailleurs rappelé que contrairement aux gouvernements français, luxembourgeois et espagnol, la Belgique n'a jamais exprimé d'opinion négative sur l'offre de Mittal. Et il a précisé également que Mittal Steel ne devait avoir aucun plan industriel sinon ce dernier "l'aurait déjà présenté aux actionnaires". Le Premier ministre Guy Verhofstadt a répondu que le gouvernement ferait part de sa décision fin mars-début avril après avoir analysé avec une banque conseil le projet industriel que lui a remis Mittal. La région wallonne, détentrice de 2,4% du capital d'Arcelor, a déclaré qu'elle attendait également un avis indépendant avant de se prononcer sur cette offre.

Interrogé, sur Bloomberg TV, sur la nécessité du soutien des gouvernements, Gonzalo Urquijo, directeur financier d'Arcelor, a répondu: "nous n'avons pas besoin du soutien des gouvernements, ce qu'ils font est leur affaire, nous n'avons besoin que du soutien des actionnaires". Rappelant qu'au cours de sa tournée en Europe et aux Etats-Unis, la direction du sidérurgiste avait reçu une réponse très positive des actionnaires, il a ajouté que "nous allons gagner la bataille, il n'y a aucun doute. Industriellement et commercialement, l'offre de Mittal n'a pas de sens pour nos actionnaires".

Robert Goebbels, vice-président luxembourgeois du groupe socialiste du parlement européen et ancien ministre de l'Economie de son pays, a déclaré en réaction aux propos de Michel Wurth que Mittal avait un projet industriel plus convaincant qu'Arcelor. "Les dirigeants d'Arcelor promettent monts et merveilles aux actionnaires pour tenter d'échapper à une offre de rachat. En attendant, dans les pays de l'Est où Mittal a racheté des aciéries, un véritable projet industriel a été mis en places alors qu'Arcelor voulait seulement racheter des aciéries pour les fermer et diminuer la concurrence", a-t-il insisté.

Le Premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, qui s'est personnellement impliqué dans la lutte contre l'OPA hostile de Mittal, ne partage pas cette opinion. Selon lui, "nos intérêts sont mieux protégés par Arcelor mais nous n'avons pas l'intention de prendre de mesures juridiques à l'encontre de cette opération". Une référence au projet de loi adopté mercredi par le parlement du Grand Duché. Les députés n'ont toutefois pas totalement renoncé à un amendement très controversé proposé par la Chambre de commerce du Luxembourg, prévoyant d'obliger une entreprise lançant une OPA à réaliser son offre intégralement en liquide, si moins de 25% de son capital est coté en Bourse. La commission des Finances a cependant introduit une option réduisant la portée de cette disposition qui obligerait Mittal, dont seul 12% du capital est flottant, à faire une offre intégralement en cash.

A la clôture, l'action Arcelor est stable à 31,60 euros.

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