"Les services liés à la santé représentent un enjeu pour SFR avec l'arrivée de nouvelles technologies telles que la 3G".

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Patricia Souillet, Responsable des projets pilotes chez SFR souligne l'enjeu de ces nouveaux services pour l'opérateur de téléphonie mobile qui marche notamment sur les traces du britannique Vodafone, qui détient 44% de son capital,Vivendi étant le premier actionnaire avec 56% .

Latribune.fr- Pourquoi les services liés à la santé font-ils aujourd'hui partie des préoccupations de SFR ?

Patricia Souillet- Les services liés à la santé représentent un enjeu pour SFR avec notamment l'arrivée de nouvelles technologies telles que la 3G qui permettent de faire bénéficier à tous, des avantages de la mobilité. SFR depuis l'émergence de la 3G en 2004 développe des services dont l'objectif est d'améliorer et faciliter le quotidien de tous, y compris pour les personnes victimes d'un handicap ou de problèmes de santé. Grâce à la 3G qui permet une plus grande réactivité et une interactivité, nous pouvons faire profiter à un large public de notre savoir-faire technologique.

- Quand avez-vous initié votre projet ?

- Nous avons démarré en juin 2004, par une étude envoyée aux donneurs de sang en France qui sont clients SFR. Nous voulions savoir s'ils souhaiteraient recevoir des SMS émanant de l'EFS (l'Établissement français du sang), qui est le seul établissement autorisé à faire des collectes de sang dans l'Hexagone. 90% des personnes sondées, ont donné leur accord. Aussi de juillet à septembre 2004, sur la région PACA (Provence-Alpes-Côte d'Azur) et sur la Corse nous avons lancé "texto don du sang" une expérimentation auprès de 3.000 donneurs et clients SFR. Nous leur avons envoyé au total 5.500 SMS sur cette période, pour les informer de la date et du lieu de la prochaine collecte dans leur ville ou encore les alerter en cas d'urgence et de besoin d'un certain type de groupe sanguin. C'est interactif et plus réactif que le courrier traditionnel, puisque les donneurs répondent aux messages, pour dire s'ils viennent ou pas à la collecte. Nous avons constaté qu'il y avait 70% de réponses positives aux SMS. Le SMS de réponse du donneur étant gratuit et non facturé par SFR.

- Deux ans plus tard, quel est le bilan de ce test ? et ces SMS vont-ils être développés dans toute la France ?

- Pour l'Établissement français du sang qui va désormais acheter des SMS, ce service lui permet d'optimiser les collectes. Il peut ainsi savoir plus précisément dans chaque ville, combien de personnes se présenteront à la collecte et avoir une estimation des dons. Nous opérons toujours ces "texto don du sang" en PACA et en Corse, mais nous avons également développé depuis 2004, cette opération en Ile de France, ainsi que dans quelques autres départements et nous avons envoyé au total 30.000 SMS par mois, depuis deux ans. En fait avec les différents tests que nous avons pratiqué en France, nous avons mis au point ce nouveau service pour l'Établissement français du sang. Maintenant c'est son prestataire de services, la société Ocito qui va prendre le relais et gérer ce service. En janvier 2007, il sera accessible sur toute la France et destiné également aux donateurs qui sont clients des autres opérateurs de téléphonie mobile, aux clients d'Orange, de Bouygues Télécom et des MVNO (les opérateurs mobiles virtuels).

- Après les SMS pour le don du sang, quelle autre initiative avez-vous pris ?

- Nous avons lancé mi-juin dernier, une expérimentation baptisée "T+diabète" en partenariat avec l'association française des diabétiques et le Centre hospitalier de Corbeil-Essonnes (l'équipe d'endocrinologie du docteur Guillaume Charpentier). Dix patients volontaires diabétiques ont testé pendant 4 mois, jusqu'à la mi-octobre ce service baptisé "T+diabète". Il permet aux diabétiques équipés d'un téléphone mobile 3G, de lire et de sauvegarder leur taux de glycémie mesuré avec un lecteur spécifique. Ils peuvent conserver ces données et avoir un historique de leur maladie, comme dans un dossier médical et les transmettre à tout moment à leur médecin. Ils recevront en échange par SMS ses conseils, notamment pour savoir quelle dose d'insuline, ils doivent s'injecter.

Il y a aujourd'hui près de 3 millions de diabétiques en France. Notre service s'adresse particulièrement aux diabétiques de type 2 qui constituent 90% des diabétiques. Ces patients sont âgés en moyenne de 55 ans, et ils sont au stade de la maladie où l'on passe des médicaments à l'injection d'insuline. Notre service "T+diabète" permet donc de les guider dans cette transition, car ils ne savent pas forcément très bien au début, quelle dose d'insuline, ils doivent s'injecter et ont besoin d'être rassurés par les conseils d'un médecin. Sachant que dans certains cas, ils ne peuvent voir en consultation leur spécialiste que tous les 6 mois. Dans ce sens, depuis deux ans, avec la 3G, les téléphones mobiles de troisième génération apportent de nouvelles possibilités pour développer les services liés à la santé. Avec la 3G, avec le haut débit et la vitesse accrue de transmission, on peut ainsi transmettre une information enrichie. Dans le cas de "T+diabète" par exemple, on peut envoyer des diagrammes, qui seront facilement interprétés par le médecin.

Nous allons poursuivre et étendre ce test, "T+diabète" à plus grande échelle auprès de 300 diabétiques début 2007 dans 15 centres hospitaliers en France. Au vu de cette deuxième batterie de tests, nous espérons que ce service sera généralisé et commercialisé sur toute la France fin 2007 ou début 2008. le groupe britannique Vodafone qui possède 44% du capital de SFR a lui expérimenté ce service en mai 2003 et il a été commercialisé en décembre 2004.

- Quelles sont vos autres pistes de réflexion ?

- Dans la lignée de "T+diabète" nous voulons continuer nos expérimentations dans le suivi des maladies chroniques. Nous souhaitons ainsi nous intéresser à l'asthme et aux problèmes de tension. Car nous l'avons constaté avec les diabétiques, pour les maladies chroniques, avoir un véritable suivi régulier de sa maladie constitue un aspect essentiel. Nous allons lancer des tests pour ces deux maladies chroniques à la mi-2007. À titre d'exemple, Vodafone a lancé en test "T+ asthme" en septembre dernier.

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