Les acquisitions dopent les résultats de Bertelsmann
La Tribune
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Alors que la menace d'une introduction en Bourse pèse sur le groupe familial Bertelsmann, celui-ci vient de publier des résultats pour le premier trimestre 2006 (achevé fin mars) en très forte croissance, grâce à ses récentes acquisitions. En effet, sur la période considérée, les ventes se sont élevées à 4,5 milliards d'euros (+17,3%), soutenues notamment par Columbia House Co, un distributeur de DVD et de musique aux Etats-Unis, acquis l'année dernière.
Les bénéfices ont plus que suivi cette tendance. Le résultat d'exploitation est ressorti en hausse de 35,2% à 215 millions d'euros tandis que le bénéfice net a quasiment doublé sur un an à 90 millions d'euros. "Les acquisitions réalisées en 2005 ont déjà commencé à payer et aideront à doper les bénéfices et les ventes cette année", avait déjà anticipé le directeur financier, Thomas Rabe, en mars. Ce dernier avait d'ailleurs souligné que le groupe de médias allemand disposait d'un milliard d'euros pour poursuivre ses achats.
Ces bonnes performances financières s'inscrivent dans un contexte incertain pour Bertelsmann. En effet, fin avril, Albert Frère, actionnaire de 25% du groupe allemand via sa holding Groupe Bruxelles Lambert, a exigé la mise en Bourse de l'Allemand, détenue par la famille Mohn (actionnaire en direct à 17,3% et à 57,6% via la Fondation Bertelsmann). Le financier belge y est autorisé au vu des accords signés avec la famille en février 2001, au moment du rachat de 30% de RTL alors détenu par Albert Frère et cédé à Bertelsmann, en échange de la vente de 25% dans le groupe allemand. Une participation qu'Albert Frère pouvait mettre en Bourse dès 2006.
Les négociations doivent débuter ce mois-ci, et les incertitudes restent entières sur une cotation ou non du groupe allemand, qui depuis 170 ans, n'a jamais voulu se mettre sur le marché. Une alternative logique serait le rachat de la part d'Albert Frère, aujourd'hui évaluée à 5 milliards d'euros. Selon le Financial Times, daté d'hier, la famille Mohn serait prête à sacrifier son niveau d'endettement pour échapper à la mise en Bourse. Une décision qui ne manquerait pas de peser sur ses notes de crédit. " Si Bertelsmann décide véritablement de recourir à l'emprunt pour se prémunir de cette introduction en Bourse, ses notes de crédit pourraient être revues à la baisse", indique un analyste de crédit. Et d'ajouter : "les investisseurs craignent que la question d'une introduction ou non, soit prise par rapport aux intérêts de la famille Mohn, et non dictée par les intérêts financiers de Bertelsmann".
Une autre option se dessine : la vente de la participation de Bertelsmann dans Sony BMG, une joint-venture conclue avec Sony. L'information du Financial Times, n'a pas, pour l'heure, été confirmée par le groupe de médias allemand mais toutes les options restent ouvertes.
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