Le Congrès américain enquête sur le scandale des écoutes chez Hewlett-Packard

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L'affaire des enquêtes illégales lancées par HP pour identifier l'auteur des fuites émanant de son conseil d'administration est désormais examinée par un commission du Congrès. La présidente démissionnaire Patricia Dunn rejette la responsabilité sur d'autres dirigeants du groupe.

Patricia Dunn, la présidente démissionnaire de Hewlett-Packard, a affirmé devant une commission d'enquête du Congrès, qu'elle croyait que les méthodes utilisées pour enquêter sur les fuites provenant du conseil d'administration du groupe étaient légales. Patricia Dunn a été contrainte à quitter ses fonctions suite à ce scandale qui secoue le groupe informatique américain.

L'affaire, qui a suscité une profonde réorganisation à la tête du groupe, est devenue une affaire nationale. Le Congrès américain a ouvert une enquête pour déterminer comment la direction d'HP a pu faire espionner ses administrateurs et des journalistes en utilisant des méthodes illégales.

Patricia Dunn qui, en tant que présidente du conseil d'administration, a lancé le processus d'enquête sur les fuites qui émanaient de ce conseil, est désormais sur le grill. Interrogée par la commission d'enquête du Congrès, elle a élaboré une défense en deux points. En premier lieu, a-t-elle soutenu, elle pensait que l'ensemble des détails de l'enquête demandée à la société spécialisée Security Outsourcing avaient été approuvés par le directeur financier de HP, Bob Wayman. "J'étais persuadée que M. Wayman avait donné son autorisation pour le travail (d'enquête) qu'il y avait à faire", a-t-elle affirmé.

Deuxième axe de défense de l'ex-présidente: elle s'est dite convaincue que les méthodes utilisées par les enquêteurs étaient légales. "Je ne suis pas juriste et je ne suis pas enquêteur, mais j'avais la responsabilité d'arrêter les fuites qui émanaient du conseil d'administration", a-t-elle lancé, affirmant avoir eu toutes les assurances sur la légalité des méthodes employées.

En réalité, les enquêteurs utilisés par HP ont eu recours à différents procédés tout à fait illégaux, comme l'usurpation d'identité, pour se procurer des relevés de communications téléphoniques, par exemple.

L'enquête menée par le Congrès est loin d'être terminée. Ce jeudi, de nouvelles auditions doivent avoir lieu. Celle de l'actuel patron de HP, Mark Hurd, est particulièrement attendue. Son rôle dans l'affaire n'est en effet pas clair: on ne sait pas exactement dans quelle mesure il était informé du détail des enquêtes lancées par Patricia Dunn. Mark Hurd, qui vient d'être nommé à la présidence du groupe en remplacement de Patricia Dunn, a reconnu avoir approuvé l'envoi de faux e-mails pour remonter à l'origine des fuites à la presse.

En attendant, un membre du conseil d'administration de Hewlett-Packard a déclaré mercredi que Mark Hurd bénéficie du plein soutien du conseil et que la question de sa démission éventuelle n'a pas été posée.

De son côté, la directrice des services juridiques de Hewlett-Packard, Ann Baskins, a démissionné aujourd'hui avec effet immédiat.

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