Hertz en Bourse, une introduction sur les chapeaux de roue

L'introduction en Bourse de Hertz, annoncée vendredi, sur le New York Stock Exchange, devrait sans doute inscrire un nouveau record. Non pas en termes de taille, loin derrière la chinoise ICBC, même si l'opération, estimée à 1,8 milliard de dollars, devrait se placer au deuxième rang des levées de fonds de l'année aux Etats-Unis, derrière le spécialiste des cartes de crédit Master Card, qui avait récolté 2,4 milliards de dollars en mai dernier. Mais ce pourrait bien être la mise en Bourse la plus rapide après son rachat par des fonds d'investissement: à peine dix mois. Un délai a priori fort court pour mener à bien le redressement du numéro un de la location de voitures aux Etats-Unis... Racheté à Ford pour 5,6 milliards de dollars en cash en décembre dernier, Hertz perd toujours de l'argent. La fourchette de prix annoncée vendredi fait d'ailleurs ressortir une valorisation quasi équivalente, pouvant aller jusqu'à 5,8 milliards de dollars, mais après augmentation de capital. Or entre-temps ses nouveaux propriétaires, les fonds d'investissements Carlyle, Merrill Lynch Global Private Equity et Clayton Dubilier & Rice, qui ont ajouté 9,4 milliards de dettes au montage financier lors de la reprise, ont déjà empoché un dividende de près de 1 milliard de dollars en juin. Ils vont céder quelques titres au cours de l'introduction mais ils devraient surtout percevoir un autre dividende exceptionnel, de 420 millions de dollars, distribué juste avant l'entrée en Bourse si le prix est fixé en milieu de fourchette. C'est la somme qu'il restera à Hertz des 1,4 milliard de dollars levés lors de l'introduction, après le remboursement du prêt contracté pour le dividende de juin... Décidément gourmands, les trois fonds vont aussi toucher diverses commissions d'une trentaine de millions de dollars pour "services financiers liés à l'acquisition." Les investisseurs seront-ils prêts à acheter les actions du loueur? Un certain agacement commence à poindre à Wall Street à l'égard des fonds d'investissement trop pressés de vouloir encaisser leur chèque à la Bourse, se payant "sur la bête" non par le biais de véritables améliorations opérationnelles, fruits d'une meilleure gestion, mais par de moins reluisantes opérations d'ingénierie financière, passant par la restructuration de la dette et des dividendes extraordinaires. D'autant qu'en trois mois, leur âpreté au gain s'est encore accentuée: en juillet dernier, lorsque Hertz avait signalé pour la première fois son intention d'entrer en Bourse, ils n'espéraient lever que 1 milliard de dollars...

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