Bon point, mauvais coup

Prenez un bon élève, réputé pour sa régularité et premier de sa classe aussi longtemps qu'on s'en souvienne: L'Oréal, le numéro un mondial des cosmétiques, qui n'a pas échoué une seule fois en plus de 20 ans à produire des résultats en progression à deux chiffres... Le géant de la beauté rend une copie excellente, dépassant toutes les prévisions au premier semestre, et remet son titre en jeu, tentant une 22ème hausse de plus de 10% de ses bénéfices. Prenez ensuite son demi-frère, naguère excellent élément, à l'image récemment écornée faute d'avoir divulgué tous ses secrets: Sanofi-Aventis - dont L'Oréal possède 10% du capital - a déçu en dévoilant tardivement, début août, la teneur et les conséquences de l'accord conclu avec le laboratoire canadien Apotex pour retarder la sortie de la version générique préparée par ce dernier de son médicament vedette, l'anti-coagulant Plavix. Le laboratoire français, au troisième rang mondial de la pharmacie, a lancé vendredi un sévère avertissement sur ses résultats à cause de la baisse des ventes du Plavix, un mois seulement après avoir revu ses perspectives à la hausse! Qui reçut le bon point, qui prit les mauvais coups? Le marché n'est jamais à une réaction paradoxale près. L'Oréal n'eut pas les lauriers qu'il espérait: la firme de Clichy a chuté de 2% en Bourse vendredi, la Société Générale conseillant sans détour de vendre le titre, qui a déjà trop progressé selon la banque de la Défense... A contrario, la volte-face de Sanofi fut applaudie: le titre a gagné près de 1% vendredi. Pourtant, le laboratoire avait semblé fanfaronner début août en visant une croissance de 12%, et non plus de 10%, de ses profits cette année, alors qu'il savait imminente la sortie de la copie du Plavix, qui risquait de lui coûter 7% à 10% de ses bénéfices selon les analystes... Des profits qui ne devraient finalement augmenter que de 2%, bel et bien entamés par le succès fulgurant du générique d'Apotex. Certes, Sanofi a obtenu un répit temporaire, la justice venant d'enjoindre le Canadien de cesser la commercialisation de son médicament en attendant l'issue du procès sur le brevet du labo français. La décision a redonné un peu d'espoir à la Bourse, sans doute soulagée de pouvoir adresser à son ancien chouchou un bulletin d'encouragement. Mais aussi un bon point pour avoir eu la sagesse d'avouer une faute, ainsi à demi pardonnée....

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