Suppressions de postes chez Airbus mais pas de fermeture de site en France

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Le chiffre de près de 10.000 réductions de postes étalées sur plusieurs années et sans licenciement circule chez Airbus. Louis Gallois, le nouveau patron du groupe, a rencontré les syndicats dans l'après-midi pour leur assurer qu'il n'était pas question de fermetures de site en France.

Louis Gallois, nommé à la tête d'Airbus pour remplacer Christian Streiff et interrogé ce matin sur Europe 1 sur le futur plan de redressement de l'avionneur européen, a été clair: "ce sera douloureux. Car il y aura des suppressions d'emplois". Combien? Pour l'heure, personne chez la maison-mère EADS (dont Louis Gallois reste co-président exécutif aux côtés de l'allemand Thomas Enders) ni chez sa filiale Airbus ne veut avancer de chiffres.

Toutefois, selon une source proche de la firme aéronautique, le plan prévoirait près de 10.000 suppressions d'emplois, sans licenciement, sachant qu'Airbus compte 56.000 salariés en Europe dont 22.000 en France. Un programme qui devrait s'étaler sur plusieurs années, tout comme le plan de réduction des coûts "Power 8", rebaptisé aujourd'hui "Energie 08".

Ce chiffre de 10.000 aurait fait l'objet d'un accord de principe des syndicats, indique cette même source et serait d'ailleurs en cohérence avec la volonté affichée par la direction de réaliser 20 à 30% de gains de productivité pour redresser le constructeur aéronautique, englué dans les retards de ses programmes phares: le grand A380, le futur A350 (censé riposter au Boeing 787) et l'A400M de transport militaire.

Interrogé par la tribune.fr, les syndicats d'EADS et d'Airbus ne confirment pas ce chiffre mais reconnaissent que c'est une information qui circule en interne. "D'après ce que l'on en sait, ce chiffre proviendrait d'une étude commandée par la direction à Goldman Sachs", explique Philippe Fraysse, coordinateur syndical FO (Force Ouvrière) d'EADS. Ces suppressions d'emplois pourraient se faire "essentiellement sous forme de départs en retraite anticipée", estime-t-il, et "en limitant le recours à l'emploi intérimaire ou aux CDD dans la production".

Pour sa journée d'intronisation, Louis Gallois s'est rendu cet après-midi en visite à Toulouse, le fief d'Airbus, pour y rencontrer les élus locaux, les délégués syndicaux et les 350 principaux cadres du groupe. Passées les courtoisies d'usage, le nouveau patron de l'avionneur européen a présenté son plan de redressement aux partenaires sociaux. "Il nous a apporté l'assurance qu'il n'était pas question de fermeture de sites en France", a indiqué à latribune.fr un délégué syndical présent lors de la réunion. A cette occasion, le dirigeant d'Airbus a confirmé qu'il y aurait "probablement une réorganisation entre Toulouse et Hambourg", mais a qualifié "d'élucubrations les rumeurs de transfert de chaînes d'assemblage entre les deux villes".

Tout en reconnaissant avoir entendu parler du chiffre de 10.000 suppressions de postes, la plupart des syndicalistes soulignent que pour l'heure, aucune précision n'a été donnée sur l'ampleur des réductions d'effectifs, mais "les détails du plan pourraient être donné d'ici deux à trois mois", une fois que celui-ci sera complètement finalisé. Ils se disent résolus en tout cas à accepter de telles mesures, si elles respectent les conditions fixées par un accord signé il y a quatre ans entre la direction d'EADS et les syndicats. Dans le cadre d'un plan social, le texte prévoit le recours à un système de départs en retraite anticipée.

Quant à réduire le nombre de ses sites - Airbus en compte 16 en Europe -, une étude de Goldman Sachs, dans une note publiée le 4 octobre, estime que pour atteindre ses objectifs d'économies, Airbus devrait en fermer 7. Louis Gallois l'affirmait sans ambages ce matin: "on va se poser des questions de sites et ce sont des questions lourdes".

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