Affaire Clearstream : le Premier ministre entendu le 21 décembre

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C'est finalement le 21 décembre que Dominique de Villepin sera entendu par la justice dans le cadre de l'affaire Clearstream, cette obscure histoire de fonds secrets liés à des contrats d'armement transitant par cette société financière luxembourgeoise (objet d'une enquête du journaliste écrivain Denis Robert) qui a donné lieu à la circulation de listes "bidonnées" dans lesquelles on a retrouvé par exemple le nom à peine déguisé de Nicolas Sarkozy, rapidement lavé de tout soupçon mais très énervé par cette histoire.Si Dominique de Villepin va pouvoir être entendu par les juges d'instruction Jean-Marie d'Huy et Henri Pons, c'est que le Conseil des ministres a donné mercredi son feu vert à cette audition, comme l'exigent les lois de la République. Il y a quelques semaines, le Conseil des ministres avait donné le même type de feu vert sur cette affaire pour l'audition de la ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, qui a, depuis, vu les juges. Dans le cas de Dominique de Villepin, les juges avaient demandé vendredi dernier au parquet de transmettre leur convocation au conseil des ministres. Le Premier ministre, qui s'était "réjoui" samedi dernier de pouvoir apporter son témoignage, comparaîtra au titre de témoin et non, comme son entourage l'avait craint un temps, en tant que témoin assisté. Ce statut de simple témoin signifie qu'aucune charge n'est retenue à ce stade contre lui.Il va tout de même devoir expliquer pourquoi, alors qu'il était ministre des Affaires étrangères, il a diligenté des enquêtes sur ce dossier, sans avoir par exemple informé Nicolas Sarkozy, pourquoi il a fait mener deux enquêtes parallèles, à l'insu des deux équipes d'investigation, celle du patron de la DST (direction de la surveillance du territoire, le contre-espionnage français) Pierre Bousquet de Florian, et celle du général Rondot, alors au ministère de la Défense. Un élement de cette enquête aurait même été détruit par le patron de la DST ou par Dominique de Villepin lui-même.Le Premier ministre devra aussi s'expliquer sur la nature de ses relations avec Jean-Louis Gergorin, son ex supérieur au Quai d'Orsay, à la cellule d'analyse stratégique du ministère des Affaires étrangères. Or, cet homme, resté très longtemps patron de la stratégie du groupe européen d'aéronautique et d'armement EADS, maison-mère d'Airbus, est fortement soupçonné d'être le "corbeau" qui a bidonné les listings Clearstream pour y rajouter des noms, peut-être avec l'aide d'un étrange informaticien, Imad Lahoud.

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