Interrogations sur un troisième mandat de Poutine

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Le Président de la chambre haute du Parlement russe appelle à une modification de la constitution pour permettre à Vladimir Poutine de briguer un troisième mandat présidentiel. Les oligarques russes semblent à la manoeuvre.

Les grandes manoeuvres ont-elles commencé à Moscou ? Le président de la Chambre haute du Parlement russe, Sergueï Mironov, s'est prononcé vendredi en faveur de changements constitutionnels qui permettraient au président Vladimir Poutine de se représenter à l'élection de 2008.

"Il faut revoir cette règle selon laquelle une seule et même personne ne peut occuper le poste de président sur plus de deux mandats successifs", a déclaré Sergueï Mironov devant ses pairs alors qu'il venait d'être réélu à la tête du Conseil de la Fédération.

Au terme de la Constitution russe, Vladimir Poutine, qui achèvera l'an prochain son deuxième mandat de quatre ans (il a été élu une première fois en 2000 puis réélu en 2004) ne peut de nouveau solliciter les suffrages de ses concitoyens à la présidentielle prévue le 2 mars 2008.

"Je propose de réfléchir à la question de savoir s'il n'est pas devenu indispensable de répondre aux demandes de millions de citoyens et de revoir cette norme et d'établir qu'une même personne ne peut occuper ce poste pendant plus de trois mandats successifs", a insisté Sergueï Mironov.

La Constitution russe de 1993 limite à deux le nombre des mandats présidentiels consécutifs. Outre la voie du référendum, elle peut toujours être révisée directement par le Parlement. Les amendements doivent être approuvés par les deux tiers des deux chambres du Parlement et par les deux tiers des régions russes.

En septembre 2006, la commission électorale centrale russe avait rejeté l'idée d'un référendum pour autoriser le président Vladimir Poutine à briguer un troisième mandat. Cet appel au maintien de Poutine intervient alors que l'on constate l'absence de toute opposition politique crédible, les prétendants au trône hésitent à sortir du bois.

Deux dauphins se détachent toutefois, depuis que Vladimir Poutine les a promus simultanément, en novembre 2005, au sein du gouvernement: Dmitri Medvedev et Serguei Ivanov. Dmitri Anatolievitch Medvedev, 41 ans, ex-chef de l'administration présidentielle, cumule les fonctions de "premier vice-premier ministre" et de président du conseil d'administration du puissant monopole gazier Gazprom. On le désigne logiquement comme l'homme du puissant lobby des hydrocarbures.

Serguei Borissovitch Ivanov, 53 ans, également vice-premier ministre, est ministre de la Défense et président du tout nouveau consortium aéronautique russe OAK. Ancien du KGB et brièvement adjoint de Poutine à la tête du FSB, il est naturellement présenté comme l'incarnation des "silovikis". Bref, les oligarques russes semblent à la manoeuvre pour imposer leur favori - Poutine ou un autre - à la prochaine élection présidentielle.

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