La Banque d'Angleterre réduit ses taux d'un quart de point
La Tribune
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C'est finalement une baisse: la Bank of England (BoE) a décidé ce matin de réduire d'un quart de point son taux directeur, qui se trouve ainsi ramené à 5,50%. Un peu plus tard, la Banque centrale européenne a annoncée au contraire un statu quo sur ses taux d'intérêt (voir ci-contre).
Pour arrêter une décision aujourd'hui, la Banque d'Angleterre était confrontée à une situation particulièrement difficile: d'une part les tensions inflationnistes plaidaient pour un relèvement des taux, et d'autre part le ralentissement de l'économie, lié notamment à la crise de l'immobilier et des marchés du crédit, incitait à une baisse.
La dernière modification des taux d'intérêt britannique remontait au mois de juillet dernier, quand la BoE a relevé son taux directeur de 25 points de base, pour le porter à 5,75%. Mais depuis, le contexte a bien évolué, et il n'était certes plus question de relever les taux.
Depuis le mois d'août dernier, en effet, la crise internationale des marchés du crédit, déclenchée par celle du subprime, ces crédits immobiliers américains consentis à des ménages peu solvables, fait des ravages. L'ensemble des marchés du crédit et des activités bancaires a été touché de plein fouet. La Grande-Bretagne, en particulier, a vu s'effondrer la banque spécialisée dans l'immobilier Northern Rock. Au pire de la crise de défiance qui a affectée cette dernière, les clients de l'établissement ont fait la queue devant les guichets pour retirer leurs avoirs, des scènes que l'on n'avait plus guère vues depuis la crise de 1929... Aujourd'hui encore, le sort de Northern Rock est tellement incertain qu'une nationalisation de l'établissement est évoquée.
Le marché immobilier britannique subit durement les retombées de la crise. Alors qu'il vient de connaître des années de surchauffe marquées par des envolées des prix, le marché se retourne. En novembre, les prix de l'immobilier se sont contractés de 1,1%, selon le baromètre de la banque Halifax, après un recul de 0,7% en octobre. Une véritable chute des prix immobiliers en Grande-Bretagne frapperait de plein fouet l'économie. A cet égard, une baisse des taux directeurs est particulièrement adaptée pour calmer le marché: au Royaume-Uni, l'immense majorité des prêts immobiliers sont accordés à taux variable. Toute décision de la banque centrale a donc un impact immédiat sur le portefeuille des Britanniques.
Mais l'immobilier n'est pas le seul secteur à causer des inquiétudes à la Bank of England. Plus généralement, l'économie donne des signes de ralentissement. Le mois dernier, ainsi, l'indice PMI des directeurs d'achats est tombé à son plus bas niveau depuis quatre ans, à 51,9. Dans la communiqué publié à l'issue de sa décision, aujourd'hui, la BoE souligne ainsi que "il y a désormais des signes montrant que la croissance a commencé à ralentir".
Le problème, c'est que la BoE continue à s'inquiéter simultanément des tensions inflationnistes qui se manifestent dans l'économie britannique, notamment du fait de la flambée des prix du pétrole.
Dans ces conditions, le gouverneur de la BoE n'avait pas caché ces derniers temps que les décisions de politique monétaires étaient rendues très "compliquées" par les "incertitudes considérables" qui entourent la croissance et l'inflation. A la veille de la décision, nombre d'économistes affirmaient avoir rarement vu une perspective de choix aussi ouverte.
Reste que les marchés des changes tablaient des jours dernier résolument sur une baisse des taux britanniques, entraînant mercredi la livre à son plus bas niveau de quatre ans face à l'euro.
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