Bonnes nouvelles

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Le Prix Goncourt 2004 publie quatre petits récits. Ecrits d'une plume taillée à la serpette: les personnages sont particulièrement lucides sur la vie, sur leur vie. A ne pas rater.

Voici, rédigés entre deux romans de renom - notamment le superbe "La mort du roi Tsongor" ou le mérité prix Goncourt 2004 "Le soleil des Scorta" - quatre petits textes signés Laurent Gaudé, quatre récits égaux en qualité qui ont pour héros des personnes particulièrement repliées sur elles-mêmes, dont la caractéristique première est leur manque d'illusions, érodés par les aventures de leur vie souvent ratée, car à un moment crucial, celle-ci n'a pas pu, ou voulu, prendre la bonne direction, s'égarant dans une voie sans issue.

Ici, le commandant d'un navire chargé de "bois d'ébène" voit cinq nègres lui échapper lors d'une escale inutile, là un poète publié sur le tard qui vient s'échouer en solitaire dans l'unique lieu de son bonheur furtif, là encore le "Colonel barbaque" qui transfiguré par les affres des tranchées de la Grande Guerre vient assouvir sa haine de l'ordre militaire colonial, et enfin, un capitaine de navire marchand, rejeté par la glorieuse marine militaire, englué dans une histoire de cadavre dont personne ne veut.

Laurent Gaudé a le talent de faire vivre les petits instants de la vie dans un profond humanisme. Surtout lorsque ses personnages approchent de la mort, fil conducteur de ces quatre histoires plus denses que leur brièveté ne le laisserait penser. Les Anglo-saxons apprécient davantage que les Français les nouvelles: avec ces quatre récits, nos compatriotes peuvent revoir leur jugement.


"Dans la nuit Mozambique" par Laurent Gaudé, Actes Sud, 146 pages, 16 euros.

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