Berlin menace EADS de représailles sur Airbus
La Tribune
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Les pressions sur EADS, la maison mère de l'avionneur Airbus, se multiplient en Allemagne, où l'on redoute que le plan de restructuration en cours d'élaboration ne se traduise par des délocalisations d'activités en dehors du pays et de fortes réductions d'effectifs.
Ce dimanche, c'est le ministre de l'Economie en personne, Michael Glos, qui a affirmé au journal Bild am Sonntag que Berlin pourrait annuler les commandes de matériel militaire placées auprès d'EADS. "Nous insistons sur le fait que l'Allemagne doit rester un site de haute technicité pour Airbus, en particulier en ce qui concerne la fabrication des fuselages", a déclaré le ministre. Le gouvernement, a-t-il précisé, n'acceptera "en aucune circonstance les coupes envisagées dans les emplois et le savoir-faire high-tech sur le sol allemand".
Alors que le plan de réductions des coûts élaboré pour répondre à la crise suscitée par les retards du programme de très long courrier A380 doit être présenté le 20 février, la mobilisation monte donc en Allemagne. Vendredi, ce sont environ 24.000 salariés du groupe et de ses fournisseurs qui ont défilé dans les rues pour défendre l'emploi. Alors que les syndicats redoutent 8.000 suppressions de postes sur les 22.300 salariés d'EADS en Allemagne, et autant de pertes d'emplois chez les fournisseurs, certains salariés du groupe sont même allés jusqu'à menacer Airbus de provoquer des retards de livraison de ses avions...
Les plus hautes autorités de l'Etat, Michael Glos et sans doute la chancelière Angela Merkel, vont rencontrer Louis Gallois, président d'Airbus et co-président d'EADS, dans les jours qui viennent pour lui faire part de vive voix de leur détermination à ne pas voir les activités allemandes du groupe européen payer un prix disproportionné dans la restructuration.
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