Plan américain d'aide aux emprunteurs immobiliers en difficulté

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Les différentes parties doivent encore s'entendre sur la durée du gel des taux d'intérêts et les contestations en justice auxquelles peuvent donner lieu la modification des contrats de prêt.

John Reich, le directeur de l'Office de supervision de l'épargne (OTS) aux Etats-Unis a annoncé ce lundi que les autorités bancaires sont d'accord sur les grands principes d'un plan d'aide aux emprunteurs immobiliers en difficulté.

"Je pense qu'il y a un accord général parmi les régulateurs", a-t-il déclaré avant le début d'une conférence sur le logement organisée sous la houlette de l'OTS. Reste que les modalités d'une telle aide sont encore à discuter.

Les différentes parties vont notamment devoir s'entendre sur la durée du gel des taux d'intérêts et les contestations en justice auxquelles peuvent donner lieu la modification des contrats de prêt.

Le patron de l'OTS s'est dit quant à lui favorable à un gel sur trois à cinq ans des taux des emprunts hypothécaires dits "subprime", c'est-à-dire contractés par des particuliers en situation financière précaire.

Ces prêts subprime - auxquels sont adossés des produits financiers achetés par de nombreuses grandes banques partout sur la planète - ont déclenché cet été une tempête boursière et financière sur fond de ralentissement économique et de crise immobilière aux Etats-Unis.

Henry Paulson, le secrétaire au Trésor (ministre américain des Finances) a commencé à rencontrer les autorités de régulation du secteur et les dirigeants de plusieurs établissement de crédit immobilier en vue de mettre au point un dispositif d'aide aux personnes ayant souscrit des prêts à haut risque ("subprime") et à taux variables, et aujourd'hui menacés de perdre leur bien face à l'augmentation de leurs mensualités.

"Nous sommes déterminés à rassembler toutes ces organisations et à mettre en place une série de normes pour tout le pays, du plus gros acteur des services immobilier au plus modeste", a-t-il dit au cours d'une conférence à Washington. "Je pense avec optimisme que nous aurons quelque chose à annoncer d'ici la fin de la semaine".

Parmi les propositions avancées depuis la fin de la semaine dernière figure un projet de gel pendant une période donnée des taux variables pour les crédits subprime. Paulson a également appelé de ses voeux la possibilité pour les autorités locales d'émettre des obligations dans un cadre fiscal avantageux en vue de fluidifier le marché du refinancement.

Il a ajouté cependant que cette iniatitive ne suffirait pas à elle seule à résoudre tous les problèmes, et que les parlementaires devaient aussi moderniser le système, notamment les entreprises de refinancement hypothécaire comme Fannie Mae et Freddie Mac. "Une approche à l'échelle de tout le secteur (immobilier) est indispensable à l'efficacité de cet effort" a souligné Henry Paulson.

Fannie Mae, numéro un américain du refinancement sur le marché du crédit immobilier, a indiqué pour sa part avoir déjà assoupli les termes de quelque dix milliards de dollars de crédits subprime pour aider les emprunteurs américains menacés de saisie.

Henry Paulson met toutefois en garde contre tout excès d'optimisme. "Ce n'est pas une solution miracle", a-t-il prévenu. "Ce plan, à lui tout seul, ne va pas régler tous les problèmes associés au marché du logement et aux mauvaises pratiques en matière de crédit." Il a néanmoins estimé que malgré les difficultés actuelles du secteur immobilier, l'économie américaine continuera de croître car les fondamentaux sont sains.

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