Publicité TV : l'UFC veut une loi contre le "harcèlement alimentaire" des enfants

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L'association de défense des consommateurs accuse les publicitaires de participer à la hausse de l'obésité en France. Elle souhaite interdire par le biais d'une loi certaines publicités télévisées pour enfants vantant les produits les plus gras et les plus sucrés.

L'UFC-Que Choisir part en guerre contre la publicité vantant des produits alimentaires à destination des enfants. L'association de défense de consommateurs a dénoncé ce mardi l'absence de progrès dans les publicités télévisées destinées aux enfants en matière de nutrition et réclame une loi interdisant les publicités pour les produits très gras ou sucrés durant les programmes pour jeunes.

L'association de consommateurs constate dans un dossier que "87% des publicités diffusées lors des programmes pour enfants portent sur des produits très gras ou sucrés" en 2007 contre 89% en 2006 soit une "absence de progrès notable". Ce constat s'appuie sur l'analyse de 382 spots publicitaires diffusés pendant deux semaines durant des programmes pour enfants de quatre chaînes nationales et d'une chaîne pour enfant.

Autres chiffres probants pour l'association: 77% des enfants préfèrent les céréales promues à la télévision plutôt que celles ne bénéficiant d'aucune publicité. Tandis 71% des parent estiment que leur enfant est influencé par la publicité dans ses préférences alimentaires. Du coup, selon l'enquête, 30% des enfants les plus exposés à la publicité sont ceux qui exerçent le plus de pression sur leurs parents pour l'achat de produits alimentaires et qui consomment le plus d'aliments les plus gras et les plus sucrés.

Aux côtés d'autres associations, UFC-Que Choisir a donc décider de demander "aux parlementaires de voter une loi interdisant la diffusion des publicités pour les produits les plus gras et les plus sucrés, lors des programmes pour enfants". "En concentrant sa communication publicitaire sur des produits manifestement déséquilibrés, l'industrie agroalimentaire participe, aux côtés des cantines défaillantes et des rayons déséquilibrés des grandes surfaces, à l'augmentation alarmante de l'obésité infantile", estime l'association de défense des consommateurs.

Elle propose en outre "d'instaurer une TVA sociétale alimentaire en appliquant un taux de TVA majoré à 19,6% aux produits les plus riches en matières grasses, sucre ou sel, pour inciter les consommateurs à se reporter sur des produits plus sains".

Pour l'UFC-Que Choisir, il y a urgence. Le taux de croissance d'obésité atteint 5,7% par an, avec 41% d'adultes en surcharge pondérable, et se rapproche de plus en plus du modèle des Etats-Unis, où la proportion de personnes en surcharge pondérale s'établit à 66%.

Mais pour le Bureau de Vérification de la Publicité (BVP), la réglementation n'est pas la solution. "La solution c'est des campagnes de publicité contre l'obésité et une autorégulation qui contrôle bien le discours publicitaire", estime le directeur général du BVP, Joseph Besnaïnou.

Depuis un an, le BVP vérifie déjà l'exactitude des bandeaux sanitaires du type "mangez cinq fruits" ou "faites de l'exercice" diffusé en bas des publicités alimentaires. De même, les publicitaires se sont engagés à bannir les comportements de consommation abusive dans leurs messages.

"Quand quelqu'un mange une barre chocolatée il y a à coté des fruits et des légumes sur la table", fait valoir le BVP, tout en reconnaissant toutefois que le discours publicitaire "peut encore s'améliorer".

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