Pékin ne décolère pas contre le Fonds monétaire international

La volonté du FMI de renforcer ses prérogatives en matière de surveillance monétaire inquiète la Chine. Elle estime que l'institution de Bretton Woods joue sa réputation en se montrant complaisante avec Washington.

La Chine a réitéré ses critiques après l'annonce mercredi par le Fonds monétaire international (FMI) de nouvelles règles de surveillance des mécanismes de change, estimant que l'organisation de Bretton woods joue sa réputation à se faire le porte voix des requêtes des puissances occidentales. Les nouvelles dispositions prévues constituent la première révision par le FMI de son cadre de surveillance depuis trente ans et fait suite aux critiques formulées par les Etats-Unis visant, en particulier, le besoin d'un FMI plus présent dans le suivi des mécanismes de change.

Agacée, la Chine voit dans ces nouvelles règles une manière de renforcer la capacité du FMI à juger si un pays manipule sa monnaie, et cela afin d'aider Washington à dénoncer la sous-évaluation du yuan. Depuis plusieurs années, la Chine est accusée par la Maison Blanche de maintenir sous-évaluée sa monnaie afin de s'assurer un avantage compétitif sur le marché international.

Ge Huayong, directeur de la Chine au bureau du FMI, a estimé qu'en raison des désaccords exprimés par certains pays en développement sur certains sujets fondamentaux, des différences de compréhension peuvent apparaître quand il s'agira d'évaluer les politiques monétaires d'un pays et de délivrer des recommandations. "Si les concepts et les méthodes sont utilisés ne sont pas inappropriés ou ne sont pas largement acceptés, la réputation et le rôle de surveillance du FMI pourra en être affaibli", a prévenu Ge Huayong.

Dans une allusion à peine voilée aux Etats-Unis et leur politique du dollar, il a souligné que la supervision assurée par le FMI des "réserves de changes des pays" a été inadéquate. "La supervision induite par les nouvelles règles placera les marchés des pays émergents sous une plus grande pression mais n'aura que peu d'impact sur les pays développés. C'est assez injuste", a ajouté Ge Huayong. La position chinoise a reçu le soutien de quelques pays en développement, mais la faiblesse de leur part dans le FMI et donc de leur poids au moment du vote n'a pas pu empêcher l'adoption des nouvelles règles.

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