Le gouvernement autorise la construction de la centrale EPR de Flamanville

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EDF est autorisée à construire le réacteur nucléaire EPR (European Pressurised water Reactor/Réacteur européen à eau sous pression) de Flamanville (Manche). Le décret signé par le Premier ministre Dominique de Villepin, le ministre de l'Economie Thierry Breton, la ministre de l'Ecologie Nelly Ollin et le ministre de l'Industrie François Loos est paru ce mercredi au Journal officiel.

Le décret publié ce mercredi "fixe les prescriptions techniques en matière de sûreté nucléaire, de radioprotection et de protection de l'environnement qui devront être respectées dans le cadre de l'exploitation de ce réacteur" EPR de Flamanville, a précisé le ministère de l'Economie. EDF, sans surprise, "se félicite de la publication" du décret, a déclaré l'un des ses porte-parole. On comprend mieux la satisfaction de l'électricien quand on sait que les pelleteuses ont déjà entamé, avant la parution du décret, leur travail de terrassement et de remblaiement du futur site.

La construction de la future centrale proprement dite doit commencer à la fin de l'année et sa mise en service est prévue pour 2012. "La construction de ce réacteur de 1.650 mégawatts contribuera de manière décisive au maintien de l'indépendance énergétique de la France et de l'Europe", a par ailleurs fait valoir EDF.

"La construction de cette centrale renforcera la filière industrielle nucléaire en France. Elle participera à la sécurité d'approvisionnement électrique de notre pays, à un prix compétitif", renchérit pour sa part le ministère de l'Economie. "Cette autorisation est l'aboutissement d'un processus de consultation du public très complet", ajoute Bercy, rappelant que la Commission nationale du débat public a organisé un débat sur l'EPR entre octobre 2005 et février 2006, et qu'une enquête publique locale entre juin et juillet 2006, "s'est conclue par un avis favorable".

Mais l'enthousiasme d'EDF et du gouvernement ne fait pas l'unanimité. La signature du décret est "un acte anti-démocratique d'un gouvernement en fin de règne et décrédibilisé qui tente de court-circuiter le débat", a estimé le réseau "Sortir du nucléaire", qui revendique plus de 700 associations. Le candidat altermondialiste à la présidentielle, José Bové, l'a qualifié de "provocation".

L'autre candidate à l'Elysée, Dominique Voynet (Verts), s'est insurgée contre la publication du décret en affirmant que cela manifestait un "mépris" pour la mobilisation des populations. "Il est accablant de constater que ce gouvernement, à la veille de quitter le pouvoir, cède à la mauvaise tradition de signer en vrac toute une série de textes qui permettent de satisfaire des clientèles et de servir une conception étriquée de l'intérêt général", a-t-elle protesté. L'organisation écologique Greenpeace a dénoncé le décret, le considérant comme un "déni de démocratie". Greenpeace est bien décidée a poursuivre sa lutte contre l'EPR de Flamanvile. Elle a annoncé dans un communiqué qu'elle "attaquerait en justice" ce texte.

Parmi les douze prétendants à la fonction présidentielle, seuls les Verts et les candidats se réclamant de l'extrême gauche s'opposent frontalement au développement du nucléaire et à la "modernisation" du parc de centrales actuel par les centrales à eau pressurisée (EPR). Parmi les quatre candidats arrivant en tête des intentions de vote dans les sondages, aucun n'est opposé formellement à l'EPR. Nicolas Sarkozy (UMP), François Bayrou (UDF) et Jean-Marie Le Pen (FN) soutiennent sans retenue cette énergie.

Ségolène Royal (PS) est moins péremptoire et estime qu'un débat doit être organisé sur la part que doivent prendre dans l'offre énergétique les énergies renouvelables, avant d'engager le pays dans la voie des centrales dites de deuxième génération. Le PS "s'engage à ouvrir un débat transparent et approfondi sur l'avenir de l'EPR au lendemain de l'élection présidentielle, pour définir les orientations de la politique énergétique du pays".

La France est le deuxième pays dans le monde à se doter d'une centrale disposant d'un réacteur EPR après la Finlande, qui doit mettre le sien en service "au tournant 2010-2011".

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