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Christine Lagarde ne craint pas une extension à l'Europe de la crise américaine

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Publié le 28 août 2007 à 03:20 - Mis à jour le 23 octobre 2008 à 17:14

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A l'occasion d'un entretien avec l'agence Reuter, Christine Lagarde, ministre de l'Economie et des Finances, explique qu'elle ne s'attend pas à une contamination des économies européennes par les récentes turbulences sur les marchés financiers dans les mêmes proportions qu'aux Etats-Unis. Elle affirme compter sur la sagesse de la Banque centrale européenne (BCE) lors de sa prochaine décision de politique monétaire. Et elle défend vigoureusement la candidature de Dominique Strauss-Kahn à la direction du FMI.

Estimant qu'il est encore trop tôt pour dire si les marchés financiers sont stabilisés, la ministre de l'Economie et des Finances a souligné, dans un entretien à Reuters, que les économies française et européennes seraient moins affectées que l'économie américaine. "Je pense qu'il s'agit de turbulences sur les marchés financiers et d'actions, si c'est comme cela que vous souhaitez les désigner, mais je n'en déduirais pas qu'il s'agit de turbulences économiques", a-t-elle déclaré.

"Il faut aussi établir une distinction entre ce qui s'est passé sur le marché américain et ce qui s'est passé sur les marchés européens. Comme l'a dit mon homologue M. Paulson (le secrétaire d'Etat américain au Trésor, NDLR), il y aura vraisemblablement un impact sur l'économie américaine", a-t-elle ajouté. Christine Lagarde a mis en avant la différence de structure des marchés immobiliers et du marché hypothécaire aux Etats-Unis et en France, notamment au regard des garanties demandées aux emprunteurs.

"Je pense que le marché américain a été principalement affecté, qu'il a été au centre, à l'origine de la crise. Et la crise américaine était clairement attribuable à des facteurs immobilier qu'on ne retrouve pas dans les économies européennes et certainement pas dans l'économie française", a-t-elle dit. "Je ne pense pas qu'il puisse y avoir de contamination à l'économie française et européenne via les transactions et le marché immobiliers", poursuit-elle.

Dans ce contexte, Christine Lagarde a toutefois estimé que la BCE est confrontée à un dilemme dans la perspective de sa prochaine réunion de politique monétaire le 6 septembre. "Sur la base des indications en matière de politique monétaire, on peut penser que rien ne change, qu'il n'y a pas lieu de s'inquiéter. On continue sur la même lancée et moi (la BCE) j'applique ma politique monétaire et merci beaucoup", a déclaré la ministre. "Je ne suis pas certaine que toutes les entreprises ni tous les gouvernements seraient enchantés, mais ce n'est pas le sujet", a-t-elle ajouté.

Soulignant que la décision d'un éventuel relèvement des taux directeurs ne serait pas prise par la BCE avant le 6 septembre, Christine Lagarde a estimé que cette dernière avait aussi la possibilité de laisser son principal taux de refinancement inchangé à 4%. "L'autre option, c'est pas de mouvement sur les taux d'intérêt et cela signalerait sans doute que moi (la BCE), je suis inquiète d'un possible petit durcissement des conditions de crédit qui pourrait affecter la croissance et donc je ralentis un peu (le relèvement des taux d'intérêt)", a-t-elle dit.

"Je pense qu'ils (les membres du conseil des gouverneurs) se décideront le 6 septembre et donc faire l'hypothèse qu'il y aura une hausse des taux n'est pas approprié." "La BCE est une institution indépendante qui prendra sa décision en temps utile et en toute sagesse, je l'espère, sur la base de facteurs macroéconomiques en vigueur dans l'ensemble de la zone euro et sur la base de ce qui se passe sur les marchés financiers, dans un contexte d'inflation remarquablement maîtrisée", a relevé Christine Lagarde.

Par ailleurs, elle a jugé étranges les critiques visant Dominique Strauss-Kahn qu'elle estime hautement qualifié pour prendre la tête du Fonds monétaire international (FMI). Le directeur exécutif du FMI pour la Russie, Alexei Mojine, a déclaré dans l'édition de samedi du Financial Times qu'"il n'y a rien dans le curriculum vitae de M. Strauss-Kahn qui montre clairement qu'il a les compétences techniques nécessaires pour ce poste". La Russie soutient la candidature de l'ancien Premier ministre et ancien gouverneur de la banque centrale tchèque, Josef Tosovsky.

"Je crois qu'ils (les Russes) devraient rencontrer M. Strauss-Kahn et juger, à la vue de ses qualités, si leurs commentaires n'étaient pas complètement déplacés. Il est très étrange de mettre en doute sa capacité et ses qualités pour ce poste", a déclaré la ministre. Dominique Strauss-Kahn est "un excellent économiste, un superbe meneur d'équipes, il comprend les problèmes mondiaux, il est très international, il prend ce travail très au sérieux et a passé les soixante derniers jours à rencontrer les ministres des Finances, les gouverneurs des banques centrales et les chefs d'Etat qui voulaient le rencontrer, pour expliquer comment il conçoit le futur FMI et les réformes nécessaires", a-t-elle ajouté. "Il est hautement qualifié pour ce poste", a-t-elle poursuivi.

Dominique Strauss-Kahn, qui effectue actuellement une tournée mondiale, a reçu notamment le soutien de l'Union européenne et de la Chine.

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