Le rapprochement avec ABN Amro protégera Barclays des prédateurs

Selon les analystes financiers, la fusion avec la banque ABN Amro éviterait à Barclays d'être la cible d'un repreneur. Mais d'autres candidats pourraient lancer une surenchère.

Le projet de fusion Barclays -ABN Amro pour créer le cinquième groupe mondial avec près de 120 milliards d'euros de capitalisation boursière suscite des appréciations mitigées dans les milieux financiers. Si comme bon nombre d'analystes, Jean Sassus, analyste chez Raymond James considère que "cette opération mettrait Barclays à l'abri d'un éventuel prédateur", les avis sont partagés sur l'intérêt global de la fusion.

Positif, Jean Sassus estime que "le rapprochement entre Barclays et ABN Amro présente une vraie justification économique, même si ce n'est pas la seule, car il est possible de dégager une meilleure rentabilité de certains métiers d'ABN Amro en particulier celui de dans la banque de financement et d'investissement". Barclays est en effet un vrai spécialiste de cette activité qui lui a procuré un tiers des ses 2,2 milliards de livres ( 3,2 milliards d'euros) de bénéfices en 2006. ABN Amro consacre pour sa part un tiers de ses fonds propres à cette même branche de la banque de gros mais en dégage une faible rentabilité au regard de sa taille dans ce métier. D'où l'idée qu'une réorganisation et un changement du management après la fusion permettrait de rendre rapidement ce pôle plus profitable.

A l'opposé, chez Fox-Pitt Kelton à Londres, on insiste sur la complexité du groupe qui serait issu de cette fusion et se montre très critique sur l'opération. La maison britannique souligne que la fusion avec Barclays "ne résoudra pas les défauts de rentabilité et de taille critique dans plusieurs des métiers d'ABN Amro".

Rien n'est joué, malgré l'annonce mardi soir de plusieurs sujets d'accord entre Barclays et ABN Amro, beaucoup d'analystes n'excluent pas la possibilité d'une bataille boursière. "La surenchère sur ABN Amro est possible car des banques françaises comme la Société Générale pourraient être intéressées", estime l'analyste Jean Sassus. Les synergies recherchées seraient dans les domaines de la gestion d'actifs et de la banque de financement et d'investissement. Par ailleurs, "des banques américaines pourraient être attirées par l'activité d'ABN Amro à Chicago et au Brésil. Ce serait aussi l'opportunité pour elles d'accéder à l'Europe avec une taille déjà conséquente" ajoute-t-il.

Plusieurs candidats pourraient donc concurrencer l'offre de Barclays. L'hypothèse d'une surenchère des banques espagnoles est évoquée par certains analystes mais pour Jean Sassus, "l'intérêt pour les banques espagnoles comme BBVA et Santander de reprendre ABN Amro n'est pas évident car le métier de banque de gros qui est l'une des principales activités de la banque néerlandaise n'est pas leur spécialité. De plus, la branche américaine de cette banque est située à Chicago et ne concerne pas la clientèle hispanophone des Etats-Unis".

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