Les ministres européens acceptent de réglementer les prix des appels internationaux

Les ministres européens des Télécommunications ont adopté ce jeudi le règlement sur les tarifs des appels passés et reçus à l'étranger. Dès la rentrée, ces appels seront respectivement plafonnés à 49 et 24 centimes la minute.

Adopté à une très large majorité par le parlement européen fin mai, le règlement communautaire qui prévoit le plafonnement du prix des appels reçus ou passés depuis un autre pays de l'Union européenne a été approuvé par les ministres des Télécommunications des vingt-sept pays membres. "Nous sommes à la fin d'une saga de sept ans, d'une longue lutte contre la tarification excessive", s'est réjouie Viviane Reding, commissaire européenne chargée du dossier.

Le texte devrait être adopté le 25 juin prochain et publié au journal officiel de l'Union européenne quatre jours plus tard. Dans les faits, les nouveaux tarifs ne devraient pas entrer en vigueur avant le mois de septembre. Ils seront désormais plafonnés à 49 centimes d'euro la minute, hors taxe, pour les appels passés de l'étranger, et à 24 centimes pour les appels reçus. Le texte prévoit également que le plafonnement soit revu à la baisse les deux prochaines années pour atteindre respectivement 43 et 19 centimes.

Auparavant, ces services, également appelés "roaming", pouvaient être facturés jusqu'à 3 euros la minute. Les opérateurs avaient certes abaissé leurs prix ces derniers mois pour éviter la régulation de l'Union européenne. Environ 147 millions de personnes, essentiellement des professionnels, utilisent leur téléphone portable à l'étranger. Le "roaming" aurait généré un chiffre d'affaires estimé à 8,5 milliards d'euros en 2005, soit environ 5% des revenus des opérateurs.

"C'est une date à marquer d'une pierre blanche pour les citoyens européens. Depuis des années, ils paient beaucoup trop cher, mais maintenant c'est de l'histoire ancienne," s'est félicité Flemming Hansen, ministre danois des transports et de l'énergie. Didier Lombard, PDG de France Télécom, avait pour sa part comparé ces propositions à "une planification communiste". C'est en effet la première de son histoire que l'Union européenne décide d'imposer de manière aussi ferme et définitive une tarification aux entreprises.

"C'est une épée de Damoclès qu'il ne faut utiliser qu'en dernière instance", a justifié le ministre allemand de l'Economie, Michael Glos. Mais la Commission européenne ne compte pas s'arrêter en si bon chemin. Prochaine cible: les prix pratiqués pour les SMS et pour les échanges de données. "Il faudra eux-mêmes (les opérateurs) qu'ils baissent les prix pour que nous n'ayons pas à légiférer", a déjà prévenu Viviane Reding.

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