La hausse de la masse monétaire M3 nourrit les craintes d'inflation

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La masse monétaire en circulation dans la zone euro s'est fortement accélérée ces derniers mois, atteignant un record de croissance en juillet, ce qui laisse craindre une hausse de l'inflation. Alors que la Banque Centrale Européenne ne donnera sa décision sur les taux que le 6 septembre, les marchés ne semblent pas inquiets.

Selon les chiffres publiés par la BCE mardi, la croissance de la masse monétaire M3, indicateur avancé d'inflation en zone euro, a accéléré à 11,7% en un an à fin juillet, contre 10,7% en juin. Cette accélération de M3 laisse redouter une hausse de l'inflation. Les crédits au secteur privé de la zone, suivis aussi de très près par les banquiers centraux, ont bondi de leur côté de 10,9% en juillet sur un an. La moyenne mobile sur trois mois donne une croissance de 11,1% fin juillet contre 10,6% fin juin.

Cette forte accélération de l'indicateur de la masse monétaire durant le mois de juillet - avant même les injections de liquidités liées à la crise des marchés - relance le débat sur les taux de la BCE. Pourtant, de nombreux intervenants sur les marchés et des fonds d'investissement ont révisé à la baisse leur prévision sur les taux d'intérêt de la zone euro, estimant que les récentes turbulences financières devraient convaincre l'institution de ne pas relever ses taux. De fait, pour la première fois, Jean-Claude Trichet a laissé planer le doute lundi sur les taux en laissant entendre que leur hausse n'était pas inéluctable.

Pour David Brown, économiste chez Bear Stearns, "la BCE pourrait être embarrassée par une hausse de la croissance excessive de la masse monétaire dans la zone euro alors que sa politique sur les taux doit faire très attention à un essoufflement de la reprise économique dans la zone euro et à une inflation bénigne. La banque centrale ne peut pas faire grand chose pour arrêter la croissance de M3. Pour l'heure, elle doit suivre le courant et être plus réceptive aux incertitudes récentes apparues sur les marchés financiers ainsi qu'au tassement des fondamentaux dans d'autres secteurs de l'économie".

Même si l'indicateur de la masse monétaire reste relativement élevé, les marchés, rassurés par le dernier discours du président de la Banque Centrale Européenne, s'attendent dorénavant à un statu quo sur les taux. Réponse le 6 septembre, lors de la réunion des gouverneurs de la BCE.

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