La contestation des franchises médicales monte d'un cran

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Les cinq principaux leaders syndicaux ont écrit à François Fillon pour lui demander "solennellement" de renoncer à l'instauration de nouvelles franchises sur les soins médicaux. Associations et professionnels de santé dénoncent un risque d'accroissement des inégalités sociales.

Les dirigeants des cinq confédérations syndicales représentatives (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC) ont demandé "solennellement" à François Fillon de renoncer à instaurer des franchises sur les remboursements de soins médicaux, dans une lettre en date du 23 octobre. Bernard Thibault (CGT), François Chérèque (CFDT), Jean-Claude Mailly (FO), Jacques Voisin (CFTC) et Bernard Van Craeynest (CFE-CGC) dénoncent une disposition qu'ils jugent "injuste" et "économiquement inefficace", qui "préoccupe gravement les salariés et retraités" et "mettrait en cause notre système solidaire de sécurité sociale".

Les syndicalistes ajoutent par ailleurs que l'instauration de nouvelles franchises sur le remboursement des soins médicaux "fait l'impasse sur les coûts très importants que supportent déjà les malades: forfait de 1 euro par feuille de soins, forfait de 18 euros sur les actes techniques lourds, forfait hospitalier et surtout les dépassements d'honoraires".

Des franchises à la charge des patients sur chaque remboursement de médicaments (50 centimes), actes paramédicaux (50 centimes) et transports sanitaires (2 euros) sont prévues dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), dont l'examen a commencé mardi à l'Assemblée nationale. Les socialistes et les communistes sont d'ailleurs décidés à s'opposer à cette mesure qui devrait rapporter 850 millions d'euros dès 2008.

Un collectif anti-franchises a ressemblé 100 à 200 personnes devant l'Assemblée nationale mardi après-midi à l'appel de partis de gauche (PCF, PS, LCR), syndicats (Amuf, FSU, Sud) et associations (Act Up, Familles laïques). Des banderoles affichaient: "Jeunes médecins contre les franchises" et "Franchises, déconventionnement, même combat". Les membres de ce collectif dénoncent notamment les risques d'augmentation des inégalités sociales. "Il y a danger pour la santé (...), les plus modestes pouvant être amenés à renoncer aux soins ou les retarder, ce qui peut entraîner des pathologies plus lourdes", déplore la FSU dans un communiqué.

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