Dégel des droits de vote de l'italien Enel dans l'espagnol Endesa

Le gouvernement espagnol va permettre au groupe italien d'exercer pleinement ses droits de vote dans le groupe d'énergie national Endesa, cible d'une OPA de l'allemand E.ON.

Le groupe italien d'énergie Enel marque un point dans la bataille pour le contrôle de son homologue espagnol Endesa: le ministre espagnol de l'Industrie a annoncé ce mardi la levée du gel des droits de vote du premier dans le second.

La Commission espagnole de l'énergie (CNE), qui exerce la tutelle du secteur, va en effet retirer Viesgo, une filiale d'Enel, de la liste officielle des principaux producteurs d'énergie du pays, a annoncé le ministre Joan Clos.

Cette décision est loin d'être anodine. En effet, la loi espagnole permet aux firmes actionnaires de jouir de leurs droits de vote dans un seul grand producteur d'énergie du pays. Pour l'heure, Enel ne peut donc exercer ses droits de vote que dans Viesgo. Dès lors que cette dernière entreprise ne sera plus considérée comme un grand producteur, la compagnie d'électricité italienne pourra jouir pleinement de ses droits de vote dans Endesa.

Enel vient de prendre par surprise 25% du capital d'Endesa, dans le but de contrôler l'OPA en cours lancée par l'allemand E.ON sur le groupe espagnol. Pour le moment, les droits de vote d'Enel sont plafonnés à 3% dans le groupe espagnol, ce qui limite la portée de son offensive. La décision du gouvernement espagnol revient donc à donner un coup de pouce à l'italien, qui a ses faveurs pour contrer l'offensive allemande.

Il n'en demeure pas moins que les statuts d'Endesa plafonnent à 10% les droits de vote que peut exercer un actionnaire unique.

Autre point délicat: la Commission espagnole de l'énergie doit encore décider si Enel, du fait de son statut d'entreprise contrôlée par un Etat étranger, va pouvoir maintenir sa participation à plus de 10% dans Endesa.


Acquisition aux Etats-Unis pour Enel
Le groupe énergétique italien Enel - dont l'appétit sur Suez avait poussé le gouvrenement français à annoncer le mariage (toujours en suspens) entre Suez et Gaz de France - n'a donc pas qu'un seul fer au feu. Actif sur le dossier espagnol Endesa, il a aussi annoncé ce mardi une acquisition aux Etats-Unis. Il y rachète en effet le groupe spécialiste de la géothermie AMP Resources LLC pour 90 millions de dollars soit 69 millions d'euros.

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