Tokyo voit la Chine comme une opportunité et ... une menace

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Le premier ministre nippon a achevé samedi à Paris sa tournée européenne avant de se rendre au sommet de l'Asie de l'Est aux Philippines. Il s'inquiète de l'opacité de l'armement de la Chine et veut resserrer ses liens avec les pays démocratiques.

"Le développement de la Chine est une opportunité pour le Japon et le monde. (...) Mais la Chine augmente beaucoup ses dépenses militaires et il y a une certaine opacité autour de sa militarisation". C'est un message de prudence que le premier ministre nippon, Shinzo Abe, a adressé aux dirigeants des pays européens dans lesquels il s'est rendu la semaine dernière en finissant par Paris, samedi. Le numéro un japonais s'est donc opposé à la levée de l'embargo européen sur les armes qui vise la Chine car une telle décision "pourrait constituer une menace pour la paix et la stabilité dans la région".

Dans son entourage, on soupèse chaque mot : "On ne peut pas dire que la Chine est une menace. Il faudrait pour cela prouver qu'elle a la capacité d'attaquer et l'intention de le faire". Mais on souligne aussi que depuis 18 ans, le taux d'augmentation des dépenses d'armement de la Chine est à deux chiffres : "au moins 10% et sans doute bien davantage", indique un conseiller qui cite Taïwan où la question des gisements de gaz à la frontière sino-japonaise comme exemples de dossiers sensibles.

Tokyo, qui est également venu s'assurer du soutien des pays européens dans le dossier nord-coréen, veut "resserrer ses liens avec les pays qui partagent les valeurs de liberté, de démocratie, de droits de l'homme, d'état de droit". Pas question toutefois d'exclure la Chine: "le Japon , les Etats-Unis et l'Europe ont un énorme intérêt à avoir une relation constructive" avec elle, précise un conseiller. Shinzo Abe a d'ailleurs rappelé qu' en octobre lors d'une visite en Chine, il a établi avec le président Hu Jintao, une "relation de partenariat stratégique".

Outre la Chine, Shinzo Abe souhaite que s'instaure "une relation forte entre les pays d'Asie". Dans la région, beaucoup d'accords de libre échange (ou de projets) existent , a-t-il dit, "et je pense que l'Union européenne serait intéressante pour nous. Une coopération entre le Japon et l'Europe serait un exemple et contribuerait à la prospérité en Asie".

Le premier ministre nippon s'est d'ailleurs rendu, samedi, aux Philippines où s'est tenu au cours du week-end le sommet des pays d'Asie du sud-est (Asean) et celui de l'"Asie de l'est". Ce dernier englobe l'Asean (Singapour, Malaisie ...), le Japon, la Chine, la Corée du sud, l'Inde, l'Australie, la Nouvelle-Zélande. Ces Etats, qui cherchent la voie d'une plus grande intégration régionale, doivent pour y parvenir surmonter de nombreux obstacles dont le principal est la rivalité sino-japonaise.

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