Chine-Etats-Unis : la cyberguerre ?

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Le Pentagone a subi des cyberattaques visant le bureau du ministre de la Défense lui-même. Les militaires chinois en seraient les responsables, apprend-on aujourd'hui.

Il a dû être étonné, Robert Gates, lorsqu'il s'est rendu compte que certains de ses mails, confidentiels mais non classifiés, avaient disparu de son écran d'ordinateur. C'est même tout le complexe millitaro-industriel américain qui s'est étranglé de rage. Car Robert Gates est tout simplement le Secrétaire (ministre) à la défense américain. Circonstance aggravante, il est aussi l'ancien patron de la CIA. Et c'est cet homme qui, en juin 2007, a été victime de "hackers" ! Le 21 juin 2007, interrogé par des journalistes américains, il a beau ironiser, se décrivant comme une "personne bien peu high tech", n'empêche que l'angoisse monte au Pentagone. Par précaution, les militaires mettent hors circuit 1.500 ordinateurs et lancent des enquêtes dans toutes les directions.

Ce mercredi, ils ont reconnu que ces attaques proviendraient de "plusieurs pays ou organisations". Pour être plus précis, le Financial Times de mardi affirmait que ces pays et ces organisations seraient tout simplement la Chine et son armée. Evidement, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois a aussitôt démenti l'allégation. "C'est non seulement sans fondement, mais aussi la démonstration d'une mentalité de guerre froide", a-t-il asséné.

Le Pentagone refuse de commenter l'incrimination de la Chine dans cette affaire et se montre rassurant: "aucune menace n'a pesé sur des systèmes confidentiels. Il n'y a pas eu de perturbations ou de conséquences néfastes sur les opérations en cours".

Certes. Sauf que les moyens qui auraient été mis en oeuvre dépassent largement l'amusement de potaches un peu vicieux. Les spécialistes qualifient l'attaque de "sophistiquée" et "la plus efficace" parmi les centaines subies chaque année par le Pentagone. Les cyberagresseurs ont pénétré au coeur du coeur des réseaux du Pentagone à "certains moments critiques", soulignent les spécialistes. Pour y parvenir, les cyberagresseurs auraient attaqué depuis différentes régions chinoises, après des observations menées pendant plusieurs mois. Cela suggère une attaque concertée.

Mais s'agit-il d'une méchante agression ou d'une virulente riposte ? La question se pose, car les Etats-Unis attaqueraient eux-aussi les installations chinoises via le cyberspace, affirme le Financial Times, décidément bien informé. Comme si une sorte de cyberguerre non déclarée, silencieuse et sans victime, ravageait les réseaux des deux principales puissances mondiales.

L'Allemagne également victime des Chinois
En Allemagne, la chancellerie, les ministères de l'Economie, de la Recherche et des Affaires étrangères ont subi des attaques informatiques, a reconnu le gouvernement d'outre-Rhin, le 25 août 2007. Ces attaques seraient menées par des membres de l'armée chinoise, selon l'hebdomadaire Der Spiegel qui révèle l'affaire. Elles viseraient ce pays considéré comme une "cible privilégiée de l'espionnage économique chinois", indique un rapport des services de renseignements allemands. Le Premier ministre chinois, Wen Jiabao, a assuré: "nous voulons poursuivre notre coopération avec le gouvernement allemand et prendre des mesures fermes pour prévenir tout acte de piratage qui menacerait les systèmes informatiques".

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