Les dix clés pour réussir sa création d'entreprise

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Le débat d'ouverture du Salon des Entrepreneurs a exposé les recettes de la création d'entreprise. Avec un leitmotiv: le facteur humain prime sur le technique.

"Quand vous venez nous voir, la première chose que vous demandez concerne l'aspect juridique de votre projet. Or il faut inverser l'ordre des priorités: ce qui est important, c'est de savoir si vous avez le profil de chef d'entreprise", a indiqué Michel Dupoizat, coordinateur création/reprise à la CCI de Lyon, devant un millier de créateurs ou apprentis créateurs d'entreprises.

Son homologue à la CCI de Grenoble, Isabel Marouard, complète la démonstration en enfonçant le clou: "avant de s'intéresser à l'emballage, il faut trouver le cadeau". Autrement dit, le projet d'entreprise. Pour ces deux experts dans une région championne de la création d'entreprises (plus de 32 000 en 2006), le facteur humain, constitue la première clé de la réussite de la création: avoir le "profil chef d'entreprise" suppose motivation, volonté d'indépendance, aptitude à la négociation, sens du contact et faculté d'innovation et d'adaptation.

Deuxième clé, il s'agit d'identifier et de réunir les compétences nécessaires du technicien, de l'acheteur, du vendeur, du gestionnaire et de l'animateur. "Le créateur ne doit pas être un superman, mais un chef d'orchestre", remarque Isabel Marouard. La troisième clé portera sur la connaissance du marché et des concurrents. S'interroger sur les produits et donc leur valeur d'usage, c'est définir des besoins, cerner les futurs clients et leurs comportements d'achat.

"Méfiez vous de l'idée géniale sans concurrent sur le marché, il y a souvent un problème", prévient la responsable de la CCI de Grenoble. De même, élaborer les moyens pour communiquer à destination de ses futurs clients est incontournable. "Les porteurs de projets nous parlent tous du bouche à oreille, c'est un système très insuffisant", précise Isabel Marouard. Les clés quatre et cinq portent sur l'aspect financier des choses. Avec un premier objectif: dégager des bénéfices. "Le business plan et les termes financiers font peur, mais c'est simplement du bon sens", plaide Jacques Maureau, expert-comptable chez BMG Audit Expertise Conseil, qui sait effectivement imager son propos pour décomplexer l'apprenti-créateur: "une feuille de papier pour lister les produits et les charges, et vous saurez si ça vaut le coup de prendre des risques". Deuxième objectif, le plan de financement doit assurer la crédibilité du projet auprès des banquiers.

"Ne partez pas petit bras, prévoyez des financements suffisants", conseille Jean-Philippe Faucon, qui a créé ADSR, une société de services à la personnes (4 salariés). L'année dernière, il était au Salon des Entrepreneurs pour prendre conseil, aujourd'hui, il témoigne de son expérience. Le choix du cadre juridique et fiscal, a priori unique (?) préoccupation des porteurs de projet, n'arrive qu'en sixième position-clé pour les professionnels de la création d'entreprise. Suivent enfin les autres conditions, plus techniques, qui constituent les quatre dernières clés complétant la réussite de la création d'entreprise: le régime de protection sociale, les conditions d'accès à la profession et la nécessité de s'informer et de se former pour gérer son business.

Si vous avez eu des problèmes de clés et que vous avez échoué dans un projet de création d'entreprise, ne désespérez pas. Dernier conseil donné par Jean-Claude Volot, président de l'APCE et 24 entreprises créées à son actif: "si vous avez connu un échec, recommencez! La première fois, le taux d'échec est d'un tiers, la deuxième fois, de 12% seulement".

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