"2007 : les actions toujours en exergue malgré quatre ans de hausse"

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Après une forte progression depuis le creux de mars 2003, les marchés d'actions internationaux ont démarré l'année 2007 sur une note hésitante, les investisseurs doutant de la capacité des indices à afficher une cinquième année consécutive de hausse. Eric Tazé-Bernard, directeur de la gestion financière d'Invesco Asset Management, n'est pas de ceux là : il affiche un optimisme mesuré et argumenté.

L'hésitation est certes présente sur les marchés. Pourtant, rien ne s'oppose à la poursuite de la tendance positive : à titre d'exemple, le principal indice américain a progressé pendant 5 années consécutives au cours des années 1990 (de 1995 à 1999); la hausse a même duré 7 ans au cours de la décennie précédente (de 1982 à 1989), le krach d'octobre 1987 n'empêchant pas l'indice S§P 500 d'enregistrer une performance positive sur l'année.

Nous considérons en outre que les marchés d'actions s'appuient sur d'excellents "fondamentaux" :
- avec une progression du PIB mondial voisine de 5% pour la 4ème année consécutive, la croissance n'a sans doute jamais été aussi durablement forte, et équilibrée car moins dépendante du moteur américain,
- la santé financière des entreprises rejoint elle aussi des niveaux, en termes de taux de marge ou de rentabilité du capital, que l'on n'avait pas observés depuis les années 1960, et les résultats des sociétés continuent, tant en Europe qu'aux Etats-Unis, à surprendre favorablement,
- alors que le rebond des indices n'a fait que suivre celui des bénéfices, la valorisation des marchés en termes de rapport cours/bénéfices n'est pas plus élevée aujourd'hui qu'il y a 4 ans. Les actions demeurent donc la classe d'actifs la plus attrayante, et leur évaluation historique est très raisonnable, surtout en Europe.

La supériorité des actions sur le long terme vient normalement compenser un niveau de risque également plus élevé. Or la volatilité des actions, mesure traditionnelle du risque, se situe actuellement au plus bas. Grâce aux moindres fluctuations des taux d'intérêt, à la tertiarisation des économies, et à la qualité des bilans des entreprises, les cycles économiques sont aujourd'hui moins prononcés. Par ailleurs, les fortes corrections des marchés internationaux ont souvent été déclenchées par des crises bancaires ou de dette ; or les banques enregistrent des records de profitabilité, et ont réussi grâce à une intense innovation financière à se défausser sur les investisseurs finaux de la plus grande partie de leurs risques. Quant aux économies émergentes, sources de crises successives au cours des dernières années, elles n'ont jamais été aussi bien gérées, ont largement résorbé leur endettement extérieur, et maîtrisé leur inflation.

Alors, sommes-nous durablement entrés dans un "meilleur des mondes" justifiant un optimisme béat ? Certes non, et si nous recommandons d'investir en actions, malgré un mouvement de hausse qui dure depuis déjà 4 ans, nous ne devons pas perdre de vue les facteurs de risque potentiels. Au cours du siècle dernier, les actions ont fait mieux que les placements obligataires et monétaires sur toutes périodes de 10 ans, hors la phase de déflation des années 1930 et l'emballement inflationniste des années 1970. Si une déflation généralisée semble exclue grâce à la crédibilité accrue des politiques économiques, un retour de l'inflation constitue sans doute à terme le principal danger pour ces marchés. Le partage de la valeur ajoutée pourrait ainsi devenir moins favorable aux entreprises après plusieurs années de rigueur salariale, et en raison du vieillissement de la population et de la pénurie consécutive de main d'oeuvre qualifiée. A plus court terme, le risque d'un retour de tendances protectionnistes, qui viendraient atténuer les pressions baissières sur les prix liées à la mondialisation, doit également être surveillé de près.

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